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CHAPITRE VI

Henri-Jules de Bourbon, prince de Coudé, mourut à Paris le Ier avril 1709. Depuis plusieurs années, il ne paraissait plus à la cour. Bizarre à l’excès (ce qu’il tenait certainement de sa mère avec aggravation), violent jusqu’à la brutalité, il 11’était pas aimé, malgré sa grâce, l’amabilité, la noblesse de ses manières quand il voulait plaire; ses dernières recommandations à son fils furent pour Chantilly, « les embellissements qu'il y avait projetés, les bâtiments qu’il avait commencés, afin de l’obliger à les terminer, enfin d’une grande somme d’argent et où elle était1 ».

Par un codicille du 28 mars 1709, ajouté à son testament, Henri-Jules lègue à l’hôpital fondé par sa grand’ mère, Charlotte-Marguerite de Montmorency, princesse de Condé, la somme de mille livres de rente pour les pauvres malades de Chantilly et des terres qui lui appartiennent aux environs; en outre, une somme de douze

1 Mémoires de Saint-Simon.

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mille livres pour augmenter l’édifice construit à Vineuil. Cette donation fut ratifiée par lettres patentes du mois de février 1711, enregistrées au parlement le 21 juillet; et, par ces mêmes lettres, Louise-Françoise de Bourbon, veuve de Louis III, prince de Condé qui va suivre son père dans la tombe à quelques mois de distance], fut autorisée à faire construire à Vineuil une augmentation de bâtiments pour 1 hôpital auquel les Condé consacreront toujours leur charité.

Celui qui succédait à Henri-Jules, Louis 111 du nom, son fils, prince de Condé, connu jusqu’alors sous le nom de duc de Bourbon, ne devait pas exécuter les dernières volontés de son père. Louis III était né à Paris le 11 octobre 1668. Il se signala à Steinkerque, et en toute occasion se montra digne du sang dont il sortait. 11 avait épousé, le 24 juillet 168), en la chapelle de Versailles, Louise - Françoise , légitimée de France, fille de Louis XIV, dite Mlle de Nantes. Louis III mourut à l’hôtel de Condé, à Paris, le 4 mars 1710, moins d’un an après son père.

Aussitôt, le roi donna au nouveau prince de Condé, Louis-Henri, qui avait été nommé jusqu’alors duc d’Enghien, puis duc de Bourbon et qui continua d’être désigné sous ce dernier titre, le gouvernement de Bourgogne et la charge de grand-maître de France, que pos-

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