LE BALLET DES VINGT-QUATRE HEURES
tiques et autres, faites avec l’appui de son nom, amenèrent le renvoi de l’Infante, fiancée du roi; de là, la rupture avec l’Espagne, le mariage de Louis XV avec Marie Leczinska, et enfin l’exil de M. le Duc lui-même à Chantilly (17 26). Le duc de Bourbon ne sortira plus que rare-
ment de cette retraite, occupant ses loisirs à en augmenter sans cesse les agréments et la beauté.
Depuis 1720, époque de la mort de sa femme la princesse de Conti, M. le Duc fut entièrement livré, pour le malheur de 1 Etat et le sien, à l’empire qu’exerçait sur lui la marquise de Prie; ce n’est qu’après la mort de celleci qu’il pensa à se remarier. 11 n’avait pas d'enfants de son premier mariage. En 1728, à l’âge de trente-six ans, il demanda la main de Caroline de Hesse-Rhinfeld, née en 1714. Elle était la troisième fille et le sixième enfant du prince de Hesse-Rhinfeld et de la princesse de Lœwenstein-Werthein ; sa sœur aînée avait épousé le roi de Sardaigne en 1724. La nouvelle duchesse était pleine de grâce et de jeunesse, ayant à peine quinze ans.
Ce mariage marqua la fin de la disgrâce du duc de Bourbon. Dans la suite, le roi n’allait à Compiègne ni 11'en revenait, sans s’arrêter à Chantilly. C'est comme remerciement de l’accueil qui toujours l’y attendait, que Sa Majesté envoya en 1736 une aigrette de diamants à Mme la Duchesse « la jeune » (ainsi désignée pour la distinguer de Mme la Duchesse douairière, sa belle-mère) : « On avait pensé à offrir le portrait du roi enrichi de pierreries ; mais Mme la Duchesse douairière a trouvé que madame sa belle-fille était trop jeune et le roi d une trop