CHAPITRE VII
la mort de Mme la Duchesse, son fils unique, le jeune
JTjL prince de Condé, resta sous la seule tutelle du comte de Charolais, son oncle, qui jusque-là l’avait partagée avec la mère. Le comte de Charolais montra une habileté consommée dans l’administration des grands biens dont son pupille se trouvait possesseur.
Mme la Duchesse douairière, la grand 'mère, fut chargée de l’éducation du jeune prince, son petit-fils. « Le 1 $ août 1742, M. le prince de Condé, alors dans sa septième année, fut présenté au roi par Mme la Duchesse, sa grand’mère. M. le prince de Condé est grand pour son âge; il est bien fait et se tient à merveille. Il est prodigieusement sérieux, ne ressemble ni à son père, ni à sa mère, seulement il est fort blond1 ». Ainsi apparut pour la première fois dans le monde Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé.
Il était d’usage alors de retarder souvent très tard les
1 Mémoires du duc de Luynes.
cérémonies du baptême, une fois l'ondoiement administré. 11 en fut ainsi pour le jeune prince ; les cérémonies de son baptême n’eurent lieu que le 29 novembre 1742 ; il était dans sa septième année. Il les reçut en même temps que le comte de la Marche et Mlle de Conti, ses cousins, dans la chapelle de Versailles, des mains de l’évêque de Soissons, François de Fitz-James, premier aumônier du roi, en présence de Sa Majesté, de la reine, de Mmela Duchesse, grand’mère des trois baptisés, et de toute la cour. Les registres furent ensuite apportés. Après que le roi, la reine, le dauphin eurent signé, l’on présenta la plume aux trois enfants. On n’obtint pas sans peine la signature du petit prince de Condé, le plus jeune d’entre eux ; Mme de Roussillon, sa gouvernante, lui mena la main1.
Depuis ce temps, Louis-Joseph de Bourbon paraît avec son oncle et tuteur dans quelques grandes cérémonies de cour, au rang que son nom lui assigne, notamment au mariage du duc de Penthièvre. Il semble que son humeur n’était pas facile ; le comte de Charolais le fait mettre souvent en pénitence pour cette raison. Cette humeur très renfermée, et qui resta telle, avait peut-être pour cause le caractère du tuteur, dur jusqu’à la brutalité. Mme la Duchesse, grand’mère du prince de Condé, mourut
1 Mémoires du duc de Luynes.