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Chapitre vii

le 16 juin 174}. L’enfant resta donc, depuis cet événement, entre les mains du comte de Charolais.

Pour la première fois, au mois de septembre 1748, Louis-Joseph, alors âgé de quatorze ans, fait en cérémonie acte de présence à Chantilly. Pendant l’enfance de son pupille, le comte de Charolais avait fait entretenir le château et le domaine avec le plus grand soin. Pour ce premier voyage, qu’il désirait rendre très agréable à son jeune neveu, il s’occupa de lui procurer les amusements qui convenaient à son âge ; le jeune prince se plut beaucoup à Chantilly et il en fut ainsi toute sa vie.

Deux ans après, le roi le fit chevalier des Ordres, et bientôt on pensa à marier l’héritier unique d’un si grand nom. Louis-Joseph avait à peine atteint sa dix-septième année, que le comte de Charolais le mit en demeure de choisir celle qui devait partager sa vie. Le choix du jeune prince tomba sur Charlotte-Godefride de Rohan-Soubise, fille du maréchal. 11 fut de suite agréé.

La future princesse de Condé avait seize ans, « grande, douée par excellence d’une fraîcheur extrême1 ». Le mariage eut lieu dans la chapelle de Versailles le j mai 1753, et fut béni par le cardinal de Soubise, oncle de la mariée.

Après les cérémonies de cour, le prince et la princesse

1 Mémoires du duc de Luynes.

de Condé allèrent à Chantilly. Ils avaient hâte d’y habiter, non seulement pour le plaisir d’être chez eux, mais aussi afin de continuer les nobles traditions d hospitalité qui s’étaient toujours pratiquées en ce lieu, d’y recevoir comme il convenait à leur rang et à leurs goûts.

Pendant six semaines, les fêtes se succédèrent ; bals, promenades sur le grand canal en gondoles superbement pavoisées ; divertissements champêtres comme la mode le voulait en ce temps, chasses de toutes sortes au milieu d’un monde d’élite ; mais le spectacle le plus attachant était le bonheur des deux époux. « Ce mari de dix-sept ans conquit dès le premier jour le cœur d’une femme qui en comptait seize à peine; jamais tendresse légitime ne se montra plus durable1. »

Un fils naquit le 2j avril 1 7 5 ô, qui reçut d’abord le titre de duc d’Enghien, puis celui de duc de Bourbon ; c’est sous ce dernier qu’il vécut et fut connu. Dix-huit mois après, une fille vint au monde, la princesse Louise de Condé.

L’intérieur était charmant, la princesse adorant son mari, toute à ses devoirs maternels, belle, pleine de grâce, appréciée de tous et de la cour, où elle avait su triompher des jalousies que son mariage avait suscitées ; le roi

1 La dernière des Condé , par M. Pierre de Ségur.

LOUIS-JOSEPH DE BOURBOxN, PRINCE DE CONDÉ

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