‹ ChantillyChapitre 37 sur 105 · Chapitre vu · texte numérisé non relu

Chapitre vu

l’appelait « l’aimable sainte ». Le prince, influent dans les conseils de l’Etat, considéré dans l’armée pour ses précoces talents militaires, brûlait d’ajouter le « brin de laurier aux trophées de son glorieux ancêtre1 ».

Ce « brin de laurier », il l’ajouta pendant la guerre de Sept Ans. <c Louis-Joseph de Bourbon servit avec ardeur et application, dégagea le maréchal de Contades à Minden, passa plusieurs hivers au milieu des troupes et finit par conduire sur les bords du Rhin une campagne aussi bien étudiée qu’heureusement exécutée. La France lui doit deux des rares succès remportés alors sur les généraux prussiens, les combats de Gruningen et de Johannïsberg, 2 5 et jo août 1 762 2 ».

Tout souriait à la jeune famille de Condé, lorsqu’un mal terrible, la diphtérie, frappa soudainement la princesse ; elle mourut à vingt-trois ans, laissant un mari désolé et deux orphelins. Le père reporta sur les enfants l’amour qu’il avait pour leur mère. II laissera ses passions Remporter et le fixer trop souvent loin d eux, mais sa fille surtout aura toujours une grande place dans son cœur.

Après les premiers temps de ce deuil, si la guerre ne

1 La dernière des Condé, par M. Pierre de Ségur.

2 Histoire des princes de Condé, par M. le duc d’Aumale, t. VII, p. 769.

le retient pas, si la cour ne l'appelle pas, il est à Chantilly, entouré de tout ce que le monde possède d'aimable et de brillant. Il offre aux étrangers une hospitalité de tradition dans sa maison. Chantilly, toujours sa résidence favorite, le revoit surtout au printemps et à l’automne, principalement en cette dernière saison, pour les chasses, qui sont pour lui non seulement un goût personnel, mais aussi une sorte d’institution de famille.

Esprit très cultivé, le prince de Condé met les sciences et les lettres en honneur dans sa maison ; cabinets d’histoire naturelle, de physique, de minéralogie, sont installés dans le château avec le plus grand luxe, en même temps qu’avec toute la science de l’époque. La bibliothèque, toujours remarquable, est augmentée avec soin et goût.

Page 1