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Chapitre v ni

dessus des loges, des palmiers du plus heureux effet formaient des arcades soutenant les draperies.

Par un mécanisme ingénieux, le fond de ce théâtre s’ouvrait, laissant voir les jardins et une statue de Diane entourée de jets d’eau et de cascades1.

Le prince Louis- Joseph poria au plus haut point les embellissements de Chantilly. 11 créa entièrement le Hameau, antérieur au petit Trianon; ce semblant de village répondait à la mode du temps ; c’était le goût des « bergeries ». Le Hameau a son moulin, sa ferme, sa grange ; chaumières à l’extérieur, ces maisons sont en réalité de fort beaux salons. La grange est la plus vaste, décorée de pilastres entourés de guirlandes, ornée de grandes glaces qui, par une heureuse disposition, en doublent l’étendue. Le meuble de cette « grange » était de taffetas rose broché d’argent2. La salle à manger, entièrement peinte, donne l’illusion d'un coin de forêt et d’un très beau jardin. Tout ce gracieux ensemble est préparé pour offrir un asile aux belles dames qui vont en ce lieu jouer à la bergère3. S’il donnait beaucoup aux divertisse-

1 Pi omenade ou Itinéraire des jardins de Chantilly, Paris, 1791.

1 Promenade ou Itinéraire des jardins de Chantilly, Paris, 1791.

3 Ce Hameau, en partie conservé, a été restauré par les ordres du duc d’Aumale. Il s’y trouve encore le moulin, la très jolie salle à manger dont les peintures, autrefois à fresque, ont été refaites sur toile; on y voit aussi un salon, un boudoir. Chaque

ments, Louis-Joseph n’oubliait pas les pauvres. Nous avons vu comment ses pères avaient doté la « Charité » de leur aïeule Charlotte-Marguerite. Pour continuer cette belle et bonne œuvre, ayant vu en 178} combien les revenus des seigneuries de Larrey et de Nesles avaient augmenté, Louis-Joseph se détermina à agrandir les bâtiments de 1 hôpital de Chantilly pour y placer un plus grand nombre d’incurables et de malades. « C’est aussi à cet effet que le dit hôpital a besoin d’acquérir des terrains voisins pour agrandir le jardin, qui n’a qu’un arpent et suffirait d’autant moins pour la consommation de cette maison que presque la moitié est destinée à former une cour pour la promenade des malades, chose très nécessaire dans une maison de santé1 ».

Nous verrons dans la suite comment, à travers les plus grandes difficultés, cet établissement s’est maintenu et a su répondre aux besoins nouveaux, grâce à ses protecteurs et administrateurs.

Chantilly, vers la fin du xviiP siècle, continuait à attirer les étrangers qui visitaient la France, et la royale hospitalité que les princes de Condé y offraient les y retenait.

année, le 15 juillet, jour de saint Henri, sa fête, le duc d’Aumale se plaisait à recevoir sa famille et ses amis dans ce joli coin du parc.

1 Extrait des papiers de l'hospice Condé à Chantilly

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