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Chapitre viii

de Coudé. Le cerf se fit courir trois heures et forcer dans le canal, qu’il traversa dans toute la longueur, ainsi que toute la meute ; le coup d’œil était superbe1. Les honneurs, comme de raison, furent pour Mme la comtesse du Nord; M. le prince de Coudé lui offrit les quatre dents et les bois du cerf. Elle fit monter les dents en girandoles, entourées de diamants; c’était bizarre et assez joli; le souvenir était tout pour elle ».

Un des amusements de ces jours de fêtes fut la visite des écuries. Une tradition bien connue à Chantilly rapporte qu’un dîner fut offert aux princes russes dans le dôme ou partie centrale du monument, qui est. très élevée et très ornée. Vers le haut se trouve une galerie circulaire qui donne accès dans les deux ailes du bâtiment. A l’occasion de ce dîner la galerie fut réservée pour l’orchestre. D’immenses tentures couvraient les murs, les tables royales étaient dressées dans l’hémicycle en face de la fontaine ou cascade dont une notable partie existe encore de nos jours. En 1782, cette fontaine était complète; dans la grande vasque qui reçoit l’eau, figuraient

1 Un tableau représentant cette chasse fut, plus tard, envoyé au comte du Nord par le prince de Condé. Il est dans un des palais impériaux en Russie. En 1885, le grand-duc Wladimir Alexandrovitch en fit faire une copie pour l’offrir au duc d’Aumale. Cette copie est au château de Chantilly. L’auteur du tableau original était le peintre Le Paon, longtemps attaché à la maison de Condé.

deux chevaux de plomb qui semblaient y boire, et deux enfants sonnant de la conque marine. L inscription suivante surmonte la fontaine : « Louis-Henri de Bourbon, septième prince de Coudé, a fait construire cette écurie et les bâtiments qui en dépendent, commencés en 1719, finis en 172 ç ». Avant la fin du dîner offert au comte du Nord, les tentures qui fermaient l'hémicycle furent relevées et laissèrent voir deux cent quarante chevaux dans les deux ailes de ce palais fait pour eux.

La princesse Louise de Condé faisait les honneurs de Chantilly en l’absence de la duchesse de Bourbon, depuis peu séparée de son mari ; la comtesse du Nord voua à la princesse une réelle amitié, fondée sur le charme et les grandes qualités de cœur et d’esprit qui distinguaient MIle de Condé.

Louis-Joseph de Bourbon et le comte du Nord se quittèrent avec peine : « Nous serons bien éloignés l un de l’autre, dit le prince de Condé au moment des adieux ; mais si Votre Altesse le permet et que le Roi ne s’y oppose pas, je lui rendrai à Saint-Pétersbourg la visite que j’ai été heureux de recevoir ».

Cette visite devait en effet être rendue, mais des années plus tard et dans des circonstances bien différentes, alors qu’expatrié Louis-Joseph de Bourbon trouva un asile mo-

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