‹ ChantillyChapitre 48 sur 105 · Chapitre ix · texte numérisé non relu

Chapitre ix

Pons, à qui l’on enlevait ainsi sa fille ; je fus aussi assez heureuse pour servir de protectrice à cette jeune personne et, plus tard, la rendre à sa mère. Ce convoi se composait de plusieurs charrettes où nous étions entassées; Martin, agent du comité de sûreté générale, nous précédait dans une berline dorée, attelée de chevaux de poste, le tout enlevé du château de Liancourt1 ».

La duchesse n’obtint pas d’être détenue avec ses parents; elle fut enfermée au Plessis2; c’est là qu elle apprit la mort de son père et de sa mère.

On continua à transporter les prisonniers de Chantilly dans les prisons de Paris ou dans celles du département de l’Oise. A cette époque, un grand nombre ne firent que passer au château de Chantilly, entre autres M. de Gouy d’Arcy qui, transporté à Paris, fut emprisonné aux Carmes et périt sur l’échafaud.

Des visites multipliées d’individus soi-disant chargés de missions dont on ne connut jamais le caractère, rendirent alors. le sort des détenus de plus en plus intolérable, en les privant du plus strict nécessaire; enfin le Comité de salut public décida que le château serait complètement évacué

1 Noies sur mes prisons, par la duchesse de Duras. Liancourt appartenait et appartient encore à la maison de La Rochefoucauld.

2 Ancien collège de l’Université, rue Saint-Jacques, à Paris.

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et qu’on y établirait un hôpital militaire. Il ne fut pas donné suite à cette décision; seul, le château d’Enghien reçut une affectation ; il fut converti en caserne pour la 2 ) 8e compagnie de vétérans nationaux, et c’est à cette circonstance qu’il dut sa conservation.

La loi du j nivôse an IV (24 décembre 1795) avait enjoint au Directoire exécutif de faire procéder à la vente des maisons et parcs de Saint-Cloud, Meudon, Vincennes et Chantilly. Le 8 fructidor an VI (8 août 1 7987, l'administration centrale du département de l’Oise prescrivit les diligences nécessaires pour arriver à la vente du château et des environs, à l’exception toutefois des Ecuries, du château d’Enghien et du jeu de paume. La pelouse elle-même fut mise en lotissement. Toute la partie du parc située entre la ville de Chantilly et la vallée, comprenant la Tenaille, les Potagers, les grandes Cascades, fut rapidement aliénée, ainsi que la large bande de terrain où furent établis les jardins de la pelouse.

Le grand et le petit château furent adjugés par les administrateurs du département de l’Oise à Henry-Armand Cartier fils, demeurant à Gisors, moyennant onze millions cent vingt-trois mille livres en assignats; en réduisant cette somme au prix du numéraire, le chiffre 11e dépasse pas cent quinze mille francs. Cartier céda de suite son marché

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