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Chapitre x

Les malheurs, les déboires, s’étaient accumulés sur cette existence ; exils, rev-ers, souffrances de toutes sortes avaient été son partage. Celui qui, à juste titre, était son orgueil et sa joie, l’objet de toutes ses espérances, son fils, disparu dans la plus horrible des tragédies ! Depuis ce jour à jamais néfaste du 21 mars 1804, rien n’attache plus à la vie le père de la victime ; il subira les plus pernicieuses influences, sans même essayer de s’y soustraire, avec l’indifférence ou le dédain que lui inspire le monde entier.

Les cœurs des princes de Condé, dont nous parlerons plus loin, étaient alors déposés dans l’église de Chantilly. Les habitants de Chantilly avaient vivement regretté que le cœur du prince Louis-Joseph (mort en 1818) ne fût pas réuni à ceux de ses ancêtres. Après la mort du duc de Bourbon, une députation des habitants, conduite par le maire, M. Jacquin, obtint audience du roi Louis-Philippe (ier septembre 18 }o), et demanda, comme une faveur singulière, que le cœur du prince défunt fût déposé dans l’église de la ville1. Ce vœu fut exaucé, et, le 9 septembre,

1 Le Moniteur du 6 septembre rendit compte de cette audience et cita les paroles suivantes adressées par le roi aux habitants de Chantilly : « Je n’ai pas besoin de vous dire combien j’ai regretté la perte de celui que nous pleurons en ce moment, combien j’aurais voulu que ses jours eussent été prolongés, tant pour votre bonheur que pour la satisfaction de ma famille, qui lui était sincèrement, profondément attachée. Il m’a imposé de nouveaux liens de reconnaissance en choisissant mon fils pour son héritier. Vous pouvez être sûrs qu’il ne dépendra pas de moi que mon fils conserve,

le cœur fut solennellement reçu par le curé, entouré des autorités et de toute la population.

Les restes mortels du dernier des princes de Condé furent portés à Saint-Denis dans la Crypte royale, où ils reposent près de ceux de son père L

pour les habitants de Chantilly, les sentiments qui ont animé les Condé, et surtout celui dont nous déplorons la perte ». Et la. reine ajouta : « Vous pouvez compter qu'il aura pour vous les mêmes sentiments, nous les lui avons inculqués ».

1 Vers 1880, le duc d'Aumale demanda et obtint d’entrer dans cette Crypte de Saint-Denis; il désirait faire remettre en ordre, s’il y avait lieu, la sépulture des deux princes de Condé. Ayant constaté les ravages du temps, il ordonna que, sans toucher aux cendres, deux nouveaux cercueils recevraient les anciens. Cet ordre fut pieusement exécuté, le prince s’en rendit compte lui-même.

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