Chapitre xii
Mme Adélaïde de France, fille de Louis XV, par Valade, Marie-Victoire-Sophie de Noailles, comtesse de Toulouse, Mlle de Clermont, par Rosalba Carriera, puis un gracieux portrait dont le modèle est inconnu.
Ce cabinet et le meuble avaient été tendus de satin broché vert au chiffre couronné de la duchesse. Toutes les étoffes de ces appartements, dont les dessins étaient copiés sur des modèles du xvm siècle, sortaient des fabriques de Lyon. De même les meubles ont été faits pour la place qu'ils occupent, entre autres un piano de marqueterie, médiocre comme instrument de musique, mais remarquable comme travail. Ces objets sont, à peu de chose près, disposés comme ils le furent en 1844, sauf la tenture murale et celle des meubles, qui sont maintenant de satin broché violet.
Faisant suite à ce cabinet, on trouve le boudoir des Singes, un des plus gracieux et des plus amusants spécimens de la fantaisie du xvme siècle ; les peintures de ce charmant petit réduit sont parfaitement conservées. Elles méritent l’attention ; la composition, pleine d’esprit critique, en est curieuse. C’est, à n’en pas douter, une raillerie applicable aux personnages du temps et peut-être de la maison même, car toutes ces petites figures portent les couleurs de Condé.
L’appartement destiné au duc d’Aumale est conservé tel qu il fut arrangé en 1844. Les boiseries blanches de la chambre sont des plus fines du xviih siècle ; seuls les dessus de porte, qui 11’existaient pas ou avaient été détruits, furent remplacés par des peintures modernes signées : Eugène Lami, Roqueplan x, Baron2.
La chambre s’ouvre sur le salon de Condé, dont la haute cheminée est ornée d’un buste du duc de Bourbon. Dans ce salon fut placée en 1844 la collection de portraits connue sous le nom de « petite collection de Chantilly ». Ces portraits représentent la branche royale de Bourbon depuis le roi Henri IV jusqu’au premier petit dauphin fils de Louis XVI, et d’autre part la branche de Bourbon- Condé depuis le premier Condé jusqu’au dernier duc d’Enghien aux premières années de sa vie. Ces deux branches des « Lys » se terminent donc par ces deux mélancoliques portraits d’enfants. Quelques-unes de ces peintures sont attribuées à Fragonard ; quoi qu’il en soit, elles sont intéressantes à tous égards L
Un cabinet de travail est adjacent à ce salon; de même
1 Roqueplan (Joseph-Étienne-Camille), né en 1802, mort en 1855.
2 Baron (Charles-Antoine-Henri), né à Besançon en 1816, mort à Genève en
3 Après le retour du duc d’Aumale en France, 1871, un beau portrait de la reine Marie-Amélie, par Ary Scheffer, fut placé dans le salon de Condé et s’y trouve actuellement.