‹ ChantillyChapitre 8 sur 105 · LE CHATEAU DE CHANTILLY DE 1530 A · texte numérisé non relu

LE CHATEAU DE CHANTILLY DE 1530 A

tement ; mais sa surprise fut extrême quand elle les vit aboutir à la proposition de l’épouser, et à l’exécution au bout d’un an en attendant la dispense. Sa figure très disgraciée et l’aversion du connestable pour elle si marquée du vivant de sa niepce, faisoit un tel contraste avec ce nouvel estât, qu’il ne luy sortit point de l’esprit. A force d’y penser, elle fit enfin réflexion sur cette bague qu’elle

a voit prise au doigt de sa niepce et qu’elle a voit toujours depuis gardée au sien. Le scrupule luy en vint, elle consulta, et on se mocqua d’elle; mais voyant que cela continuoit à la tourmenter, on lui dit qu’elle n’avoit qu’à l’oster; tellement qu’en se promenant dans les jardins d’Escouën, elle y jetta la bague. Cet instant fut l’époque du divorce. Le connestable, absent d’elle alors, revint à soy comme d'un enchantement et ne l’a jamais veue depuis.

« La mesme tradition, également et constamment creuc dans la maison de Condé, ajouste que cette mesme connestable de Budos paroist, dans l’aage où elle estoit et avec les habits de son temps, à la fenestre de la salle d'armes de Chantilly peu de temps avant la mort de l’aisné de la maison de Condé. Ce qu’il y a de très certain, c’est que fort peu de jours avant la petite vérole de Mme la Duchesse, M. le Prince le héros estant à Chantilly, d'où il ne sortoit point depuis bien des années que pour de grandes et rares occasions, Vervillon, son escuyer, distingué et estimé dans la maison, revenant de tirer et arrivant à soleil couchant au chasteau, vit la fenestre de la salle d’armes ouverte, qui donne sur le pont-levis visà-vis la statue du connestable1, et à la fenestre ouverte

1 Un ancien plan nous montre en effet cette salle d’armes, ou cabinet des armes, s’ouvrant par deux fenêtres près de l’entrée du chcîteau. La remarquable collection d’armes fut plus tard transportée au-dessus de l’orangerie dans le parc.

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