CHAPITRE XVI
e vestibule du Logis, véritable entrée du Musée,
JL/ s’ouvre sur la cour d’honneur ; le petit degré qui nous y conduit est orné sur chacune de ses rampes d’un marbre, copie parfaite de l’original grec antique, qui était, il y a peu d’années, à Rome, au musée du Capitole1.
De la cour d’honneur, on peut voir, sur l’esplanade faisant face au château, la statue du connétable Anne de Montmorency par M. Paul Dubois. Le connétable s’avance vers la herse qui ferme l’entrée et qui semble devoir s’ouvrir pour donner passage au vieux seigneur.
A droite et à gauche de la herse, extérieurement, sont placés les Esclaves de Michel- Ange, dont les originaux sont au Louvre ; ils étaient à Écouen au temps des Montmorency ; le cardinal de Richelieu, qui les posséda, sans doute après la confiscation des biens du maréchal de
1 Ces marbres, sortes de cornes d’abondance, ou, pour leur donner leur nom exact, Rhytons. Dans l’origine, et de moindres dimensions, ces rhytons servaient à boire; la petite extrémité en était percée, l’orifice ouvert. On en a fait des ornements d'architecture.
Montmorency, les avilit fait placer à Richelieu, où ils étaient à l’époque révolutionnaire ; sauvés de la destruction, ils furent envoyés dans les musées de 1 Etat , où ils sont très heureusement à l’abri de tout malheur.
Avant la Révolution, la chapelle était dans la cour d'honneur. Fondée au xive siècle, reconstruite au xvie siècle, elle fut encore réédifiée en 1719; elle occupait exactement Remplacement du grand escalier actuel ; on pouvait y pénétrer de l’appartement de la reine par l’intérieur. C’est de cette chapelle dorée dont parle la duchesse de Duras dans ses Mémoires; elle subit le sort du grand château et disparut avec lui.
Voici la nouvelle chapelle, érigée en 1880-188^; nous y retrouvons l’autel de Jean Goujon avec ses belles colonnes de marbre noir, ses figures de demi-relief, la Foi, l’Espérance, la Charité, encadrant les évangélistes; sur le retable, le sacrifice d’Abraham ; aux quatre angles de ce retable, les alérions de Montmorency. La petite frise qui surmonte les bas-reliefs de l’autel porte les armes de Montmorency et de Savoie, celles-ci pour Madeleine de Savoie, femme du connétable.
Les flambeaux de fer ciselé sont la copie de ceux qui appartenaient autrefois à la chapelle et qui lont maintenant partie des collections du Louvre; le duc d’Aumale obtint