Chapitre xvi
la permission de les faire copier et compléta ainsi l’autel comme il était primitivement.
Les vitraux portent la date de 1^44. Celui de gauche représente les fils du connétable, agenouillés sous l’égide de saint Jean l’apôtre. Ils sont au nombre de cinq : François, F aîné, qui mourut sans postérité, Dam ville, qui continua la famille, Méru, Montberon, et Thoré le plus jeune; dans le vitrail, celui-ci porte un petit bonnet; c’est lui qui ouvrira un jour les portes de Senlis à Henri IV.
Le vitrail de droite représente les filles, sous la protection de sainte Agathe; elles furent sept; cinq seulement figurent ici; Léonore, qui épousa François de La Tour, vicomte de Turenne; Jeanne, mariée à M. de La Trémoille, duc de Thouars; Catherine, femme de Gilbert de Levis, duc de Ventadour; Marie, qui épousa H. de Foix, comte d’Estrac, duc de Candale; Anne, abbesse de la Trinité de Caen; enfin les deux qui ne sont pas peintes ici furent Louise, religieuse de Saint-Pierre de Reims, et Madeleine, qui succéda à sa sœur Anne comme abbesse de la Trinité de Caen.
Deux peintures murales représentent, à gauche le connétable, à droite sa femme Madeleine de Savoie, fille du comte de Tende.
Les boiseries qui décorent la chapelle, ainsi que l’autel
et les vitraux (comme aussi les vitraux de Psyché), viennent du château d’Écouen. Les boiseries portent la date de 1 5 48 ; les armes de Montmorency y sont répétées avec les alérions rassemblés ou séparés ; autant de fois s’y trouvent également 1H couronné, le double D et les quadruples croissants; c’était le temps de la grande faveur du connétable auprès du roi Henri II et de son amitié pour Diane de Poitiers; les croissants, qui formaient aussi bien l’emblème de la favorite que le chiffre de la reine Catherine, étaient à double entente; le connétable ne la dédaignait peut-être pas, aimant à avoir ce qu'on appelle plusieurs cordes à son arc, en un mot à être bien avec tout ce qui avait chance de posséder le pouvoir, ce à quoi il ne réussit pas toujours malgré son habileté consommée. On voit encore, plusieurs fois répétée sur ces panneaux, la devise grecque ’Aiilanqï (sans varier), particulière au connétable, et celle de sa famille, « Dieu ayde ».
La chapelle d’Écouen était plus petite que celle de Chantilly; il a donc été nécessaire de disposer les boiseries autrement ; la partie ajourée qui forme la porte de la sacristie a été entièrement composée et faite pour la place quelle occupe; elle diffère sincèrement des autres, mais s’y allie très correctement sans être ni copie, ni imitation.
L’oratoire de Chantilly est sous le vocable de Saint-