‹ ChantillyChapitre 88 sur 105 · OLIM A SECRET1S · texte numérisé non relu

OLIM A SECRET1S

QVÆRENS DE PVBLICA PRi VATAQVE IACTVRA PARCIVS DOLERE POSVIT

ANNO MDCLXIII

En 1791, un décret de l’Assemblée nationale ordonnait l’aliénation des biens des Jésuites ; le prince de Condé, alors émigré, envoya l’ordre de transporter à Chantilly les cœurs de ses ancêtres. « Le 4 janvier 1791, les cœurs arrivèrent et furent présentés par Messire Nicolas-Marie de Moyran, chapelain du château, à Messire Louis Robert,

curé de la paroisse de Chantilly, en présence de la municipalité de la ville et de la garde nationale. Ces cœurs, renfermés chacun dans une urne de vermeil, sur laquelle était gravée une inscription, furent portés dans la tribune qui est au-dessus de la chapelle Sainte- A une1 et renfermés dans une armoire, dont les trois clefs furent confiées, l une au curé, l’autre à un M. Duchemin, la troisième au maire.

« Pendant la période révolutionnaire, en 179}, l’église fut pillée et profanée, on s’empara des urnes de vermeil et d’argent; les cœurs, dans leur enveloppe de plomb, furent jetés par les fenêtres dans le cimetière, qui à cette époque attenait à l’église. Ce terrain sacré, mis en vente comme bien national peu de jours après, fut adjugé à M. Petit2, qui cacha les précieuses reliques dans la cave de sa maison, pour les préserver de nouvelles profanations et attendre des jours meilleurs3.

« A la Restauration, M. Petit s’empressa de faire savoir au maire de Chantilly4 qu’il était dépositaire des cœurs.

1 Maintenant de la Sainte-Vierge.

2 Père d’une vénérable dame décédée il y a peu de temps à Chantilly.

3 Notes historiques sur Chantilly, par l’abbé Fauquemprez, aumônier de l’hôpital Condé.

4 C’était alors M. Jacquin; sa petite-fille, Mme A. Gruyer, habite Chantilly, qui est son pays, une grande partie de l’année; sa nombreuse famille s’y réunit autour d'elle et, comme elle, est l’objet du respect, de la considération de tous.

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