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mal avec les ressources disponibles. En quittant Chantilly au mois de juillet 1600, Montmorency savait quil en serait absent plus d’une année, et 1l désirait que les travaux ordonnés fussent terminés avant son retour. Le pavillon du petit château fut démoli en juillet et août; pour fortifier la construction nouvelle « à l'encontre du mauvais fondement », toutes les assises furent soudées entre elles par de grandes barres de fer. Le 21 novembre, « le pavillon est parachevé pour la maçonnerie et charpenterie, et sera parachevé de couvrir avant les pluies ». La gelée interrompit les travaux extérieurs ; en décembre, le maître-macon Anseaulme de Neufville travaille dans la cuisine et les offices de la cour basse, c’est-à-dire dans la partie du petit château qui regarde la Pelouse, En 1601, on refait tout le mur de l’étang derrière le château ; on entoure d’un parapet de pierre le jardin de la Volière; le 30 juin, « on commence à faire le fondement de la Volière, lequel il faut piloter, quoique le bâtiment n'ait point de charge, d'autant que les fondements ne valent rien du tout ».
Au lendemain de la mort de Louise de Budos, le con- : nétable avait manifesté la résolution de fonder à Chantilly un couvent de Capucins ; l'emplacement fut choisi près de la maison de Beauvais (en face de l’église actuelle) et des plans furent demandés à Pierre Biard. Au printemps de 1601, les travaux n'étaient pas encore commencés; la cause du retard était le déplorable état des affaires du connétable ; à ce moment même, le conseil du duc paraissait désespérer de la situation ; le 15 avril, Girard du Thillay écrivait à son maître: « Nous trouvons messieurs vos créanciers tellement affamés et résolus à nous tourmenter qu'il semble qu'ils vous veulent mettre en chemise et jouir de tout votre revenu... Je désirerais qu'il vous plüt n’entendre à aucune nouvelle dépense, et com-
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mander que l’on sursoie à la dépense que M. Biard et autres projettent à Chantilly ». Trois jours après, le médecin François Ranchin y arrivait, porteur de 300 écus recueillis en Languedoc, et on se mit à creuser le sol pour jeter les fondations du monastère. La cérémonie de la pose de la première pierre, présidée par l’évêque de Beauvais, eut lieu en grande pompele 15 juillet. Une nouvelle somme de 300 écus fut envoyée de Languedoc au mois d'août ; mais ce n'était pas assez : « Il serait besoin d’avoir de l'argent davantage ». Le 1° octobre, « les fondements de l'église du monastère sont hors de terre, on continue d’y travailler ». Les travaux furent en effet poursuivis jusqu'au mois de décembre, puis l’on s'arrêta; les fonds étaient épuisés. En rentrant à Chantilly, le connétable se rendit compte que l’état de ses finances ne permettait pas encore la grande dépense nécessitée par le projet de Biard et il ajourna l'exécution de son pieux dessein. Lorsqu il le reprit quelques années plus tard, ses idées s'étaient modifiées, et c'est en Languedoc que le monastère fut construit, dans le cours de l’année 1609 : ce fut le couvent de Notre-Dame du Grau, près d'Agde.
Les enfants du connétable tiennent une grande place dans les rapports qui lui étaient adressés de Chantilly pendant ses longues absences. Depuis que ces enfants n'avaient plus de mère, ils étaient livrés aux soins mercenaires des fonctionnaires de la maison, surveillés par l'intendant Girard du Thillay, qui venait souvent de Paris. Le chapelain Nicole Boulenger était chargé de leur donner les premières leçons de lecture et d'écriture. Le 27 octobre 1600, Girard annonce que « Mademoiselle sait fort bien lire et commence à écrire, Monseigneur connaît toutes ses lettres, de manière qu’on espère qu'ils vous écriront dans peu de jours ». Voici l’emploi de leur journée, tracé par le maître d'hôtel Guillaume de Maze-
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rat : « Le matin, commeils sont habillés, ils prient Dieu pour votre santé et vous envoient le bonjour. Après, je leur sers à déjeuner. Un peu après, allons à la messe. La messe dite, s’il fait beau on les mène promener; s'il ne fait beau, les menons et faisons passer le temps dans le logis. Diner à onze heures. L’après-diner, messire Nicole leur fait leçon, où ils apprennent bien joliment, sans les contraindre en rien, à danser de même. Et s'il fait beau, entre une et deux heures les menons promener dans le parc ou à la grande allée, ou dans les jardins, au lieu le plus à l’abri du vent. Leur collation à deux heures. Le souper à six heures, où ils font encore force exercices. Leur petite collation un peu mouiller la lèvre seulement, et coucher entre neuf et dix » (lettre au connétable, 18 novembre 1600.)
Messire Nicole était entré avec enthousiasme dans son rôle pédagogique, et il ne tarissait pas d’éloges sur la gràce et l'intelligence de ses élèves ; ses lettres sont délicieuses de naïveté comme de bonté. C’est surtout devant sa jeune maîtresse qu'il est en adoration : « J’ose bien dire avec vérité qu'en toute la France et dehors n'y en a une seule approchant de sa beauté, et avec cela se rend douce et affable ; elle continue de bien étudier, même depuis quatre jours commence d'écrire, danse fort bien, joue de l’épinette » (25 novembre). Le petit frère montrait déjà un caractère turbulent, ne rêvait que dagues et chevaux ; il était bien difficile de fixer son attention : « I continue toujours petit à petit d'étudier assez joliment, et le plus doucement que je puis; mais il ne sera tant docile que mademoiselle sa sœur ; il ne demande qu'à soi jouer et bien passer son temps » (8 juin 16o1).
Les enfants s’habituaient aussi à faire les honneurs de la maison, car il passait beaucoup de monde à Chantilly. Henri IV est souvent sur le chemin de Verneuil; le