‹ Chantilly et le Musée CondéChapitre 37 sur 91 · AT RS PEAR ON D ARE TEA · texte numérisé non relu

AT RS PEAR ON D ARE TEA

CN et LUS COCA AN AA EE ne A TEA SUR ON AT Oh 15 ON rt de ED EMEA TE DER ANNE 3 Ua 9 en QU CR RP PANNE NE TC TR AN ip D A AE PAU Li A A A VON Ge H A GUN Tr

deux appartements dont la salle est commune à l’un et à l'autre ; cette salle est ornée de tableaux représentant les plus belles maisons de campagne des environs de Paris. Toutes les pièces des deux appartements auxquels elle sert sont ornées de tableaux représentant diverses fables de l’antiquité, en sorte que l’une des chambres fait voir l’histoire de Vénus, une autre celle de Diane, une autre celle de Bacchus, et une autre celle de Momus ». De ces peintures, rien ne subsiste. « Toutes ces chambres, qui sont percées en enfilade, règnent le long du balcon en fausse-braye et aboutissent à un grand salon en retour. Tout cet espace est rempli de diverses tables curieuses, de bustes et de meubles très singuliers. Il y avait plusieurs tables pour toutes sortes de jeux. C'est dans ce lieu que Monseigneur (le Grand Dauphin) a souvent tenu appartement devant et après le souper. De ce logement, lorsqu'on a passé par un vestibule qui est ouvert par deux grandes arcades du côté de la cour et du petit parterre, on monte dans l’appartement qui est au-dessus et qui se trouve situé de plain pied au rez-de-chaussée de la cour du grand château, auquel il est joint par un pont qui traverse le grand fossé. Ce fossé est rempli d’un très grand nombre des plus belles et des plus grosses carpes que l’on puisse voir. Cet appartement, qui a été occupé par Monseigneur tant que la fête a duré, est composé d’un grand salon (partie du Cabinét des Livres actuel) qui n’est pas encore entièrement faitet qui est la seule pièce qu'on n’a pas eu le temps d'achever. De ce salon, on entre dans une grande antichambre (dite aujourd’hui salle des Gardes), après laquelle il y a une grande chambre, plusieurs garde-robes (derrière la chambre), et un grand cabinet dont la vue donne d’un côté sur les jardins et de l'autre sur une grande pelouse qui borde la forêt. Après ce cabinet, on en trouve deux autres de moindre gran-

tir, " e A AT EN eg Re ARE EU NT COR es CA TS QT TR OR AE VC TPE OR ARE RE, A TE TE AT OS PO DE AE PE ON TRE dE NE np A A A pl CAPE AU 0 1 TN A MATE AA Lt 15 quon at à pe 4 Van ! T4 OST CRE ENATT APTA LAVER SPA, f

*IRAR

deur (la grande Singerie et petite chambre derrière) ;

l’un donne entrée dans une galerie qui est percée du côté

de la forêt de cinq grandes croisées, vis-à-vis desquelles

il y a de grands miroirs de glaces, dont les bordures sont

d’un travail tout particulier. Au-dessous de ces glaces

sont des tables de différentes sortes de marbres des plus

beaux. On voit au bout de cette galerie un portrait de

feu Monsieur le Prince (le Grand Condé), fait par le vieux

Juste (d'Egmont) du temps de la bataille de Rocroy. Ce

prince est en pied... ; on y voit d'un côté l’ordre de la

bataille de Rocroy et de l’autre le combat... ». Cette

grande peinture n'existe plus; il n'en subsiste qu'un

fragment aujourd'hui placé dans la salle du Jeu-de-

Paume et qui représente le « combat ». En ce mois

d'août 1683, quatre des grandes toiles de Sauveur Lecomte

étaient déjà en place, celles qui représentent les cam-

pagnes de 1643-1646, Rocroy, Fribourg, Nordlingen et | Dunkerque. Les autres furent exécutées de 1688 à 1693, ue y compris le tableau allévorique dont l'exécution fut confiée à Michel Corneille en 1691 ; il convient d’en dire un mot. [l'était bien délicat de faire peindre et de mettre sous les yeux de Louis XIV et de la cour les faits de guerre accomplis par le prince rebelle de 1652 à 1659, et cependant le héros y avait acquis assez de gloire pour qu'ils ne fussent pas oubliés : combats de Bléneau et du faubourg Saint-Antoine, retraite d'Arras, secours de Valenciennes et de Cambrai, etc. L’imagination du prince Henry-Jules résolut la difficulté. Le Grand Condé, debout, retient de la main gauche la trompette d’une Renommée qui s'apprête à publier ses actions coupables, actions qui d’ailleurs sont toutes inscrites sur des banderoles quil foule aux pieds ; de la main droite, il donne l'essor à une autre Renommée qui embouche la trompette pour proclamer son repentir, quantum pænituit. Dans un coin, Clio

arrache du livre de l'Histoire les pages où étaient relatées les actions coupables, et sur les deux feuillets qui gisent à terre on lit le dialogue échangé entre Don Juan d'Autriche et le Grand Condé avant la bataille des Dunes, qui fut livrée contre le sentiment de M. le Prince : « Vousne connaissez pas M. de Turenne; jamais homme n'a si bien su profiter des occasions, et il est très dangereux de faire des fautes devant un sigrand capitaine... — Nous retirer, dit Don Juan : oh! monsieur, voici la plus belle journée

qui éclairera jamais les armes de l'Espagne. — Elle sera en effet fort heureuse à l'Espagne, répondit le prince, si vous consentez que nous nous retirions. — Don Juan

voulut absolument donner la bataille... », et fut completement battu (14 juin 1658).

Le Grand Dauphin partit de Versailles le dimanche 22 août 1688 et arriva dans la forêt de Chantilly par la route de Luzarches. M. le Prince, M. le Duc et le prince de Conti l’attendaient au carrefour de la Vieille-Route, d’où l’on se dirigea vers la Table en tirant faisans et perdreaux. Au milieu du vaste rond-point de la Table, auquel aboutissaient douze routes bordées de charmilles, on avait élevé, d’après le dessin de Jean Berain, un pavillon de feuillages percé de douze portiques faisant face aux routes et dressé sur une estrade de cinq pieds de haut ; on y accédait par quatre escaliers de douze pieds de large. Le dôme, les cintres, les pilastres et les appuis étaient recouverts de feuilles de chêne ; des branches de genévriers formaient les balustrades; les portiques étaient ornés de gros festons de feuilles de chêne et de bouquets de fleurs. Au centre du pavillon, se trouvait une table de dix pieds de diamètre sur laquelle la collation fut servie. Une grande corbeille d'argent garnie de fruits et de fleurs en occupait le milieu. La table était soutenue par douze consoles de vermeil doré dont chacune portait

pau

A ne Do RAPPEL RE GE ET Ent VA PAR ee AS RARES RUE AU TE PO TN ER A SOS MA GREC VEN [LAN N SUEX TIRE HALRE RS AR Na Tr one

deux corbeilles d'argent remplies de fruits. Le couvert du Grand Dauphin fut mis vis-à-vis de la grande route de Chantilly ; les princes et seigneurs se placèrent à gauche et à droite, le devant restant libre. Le tour du vaste rondpoint était garni de treillages de feuillée, avec un portique à l'entrée de chaque route. Le Grand Dauphin fut accueilli par un concert de timbales et de trompettes, et trouva la table servie de vingt-quatre bassins de rôt, chacun entouré de quatre plats d’entremets chauds; vinrent ensuite des entremets froids, puis un service de fruits présenté dans des corbeilles ovales dont les flancs en cuvette étaient remplis de toutes sortes de liqueurs. La fin de la collation fut agrémentée d’une harmonie de hautbois, flûtes et musettes, dont les exécutants étaient cachés dans le bois ; puis on vit de loin s’avancer sur la grande route un cortège composé du dieu Pan et de quatrevingt-dix faunes, sylvains, satyres et autres divinités des bois. Pan était Louis de Lully, surintendant de la musique du roi, qui battait la mesure avec son thyrse; dans le cortège étaient encadrés vingt danseurs, montés sur les épaules les uns des autres et qui, arrivés devant le pavillon, exécutèrent un petit ballet. Puis les musiciens jouërent et chantèrent un morceau de Jean-Baptiste Lully dont voici les paroles :

Debout, Lysiscas, holà! debout !

Pour la chasse ordonnée il faut préparer tout.

Des piqueurs sortent du bois avec leurs chiens, sonnent du cor, un cerf traverse la route à la vue du prince, et l’on découple la meute. Des chevaux, tenus cachés jusqu’'alors, sont promptement amenés; on saute en selle, et l’on arrive à l’étang de Commelles pour assister au bat-l’eau. La meute était celle du grand-prieur de Vendôme. Enfin l’on se rendit au château.

Le lundi 21, le Grand Dauphin alla courre le loup dans l'après-midi. M. le Prince lui fit les honneurs des jardins, puis lui offrit le divertissement du théâtre dans l’Orangerie, fort richement décorée pour la circonstance d’après les dessins et sous la direction de Berain. Les artistes de l'Académie de Musique de Paris, assistés des meilleurs musiciens du roi, y représentèrent l'opéra d’Oronthée, livret de Leclerc mis en musique par Lorenzani, entrées de Pecourtet Lestang ; le pavillon du bout de l’Orangerie garda de ce jour le nom d'Oronthée.

Le mardi matin, chasse à tir dans le parc et visite de la Ménagerie; l'après-midi, chasse du cerf avec la meute du duc du Maine; le soir, opéra et appartement. Le mercredi matin, chasse aux perdreaux, faisans et lièvres ; 500 pièces au tableau, dont 180 tuées par le Grand Dauphin. L’après-midi, promenade dans les jardins, faisanderie, cascades ; joute de l’oie sur le grand Canal; le prince de Conti tomba dans l’eau, la tête en bas; il ne savait pas nager, et on eut grand peur; on put le saisir par les cheveux et le retirer de l’eau, dont il avait bu un peu; deux heures après, il revint trouver la compagnie. La joute de l’oie terminée, « Monseigneur entra dans un bâtiment tout doré, construit à la manière de ceux dont se sert le roi de Siam et que l’on nomme balons. Il y avait des luths, des théorbes, des basses de viole et des voix choisies dans la poupe de ce balon; il était accompagné d’un autre bâtiment rempli d'un grand nombre de joueurs d'instruments et d’un chœur de plus de soixante personnes. Monseigneur arriva au son de toutes ces voix à la tête du canal où est la grande cascade de toute la rivière. Toute cette eau sort d’un grand bassin en rond où Monseigneur eut le plaisir de voir pêcher; on prit plus de cinq cents poissons d’un coup de filet ».

Comme Madame la Duchesse et la princesse de Conti,

rs ere an

GE

Hvvei : six

élg ra ë EG &

vel 2 RES ART LEGS TER à

Rd sauts ae Vins jen: jarc | Da 1e DT : te El

| LA Ma: LR tête en bas ; 1e SC SE Sur; où me À

ui » PA + à PA: FOUR it E M dt Det | AE PPT cr | 4 à A EME 01 C7 SE Re eee te ÿ m4 ñ QUEUE be D, LPO D CEA LOTO 0 PARENT dut 1 ES ç a"

l # QE DE ne

ar Gr #4 FEU LA NE er ag

AVAIE on Has. 104 | Voix choriu sf F sie x fun a “Se d'un aures dat D joueurs d'insiramonta ot d* Dr ki person. Mssaigrinr Er #8 ee + à La tête dde mal où set je FT À:

PAVIC FE. 42 A'étes € Lt voa He de mie ne ui enr ent be plausik de 122008 de € in CORNE fHHBSONS d' sir Ce. de” l

Cesme | Motame la Duchesse pt Lis p

n'S : 4 : ‘ j LEP L' 2.458

Ne

ayant quitté Versailles après le coucher du roi, devaient arriver à Chantilly le jeudi matin vers quatre heures, le Grand Dauphin et le prince de Condé imaginèrent d’aller à leur rencontre : elles ne furent pas peu surprises d’être accueillies au milieu de la forêt par quatre-vingts faunes et satyres montés sur des chevaux caparaçconnés de feuillages, qui leur firent escorte jusqu au château avec grand accompagnement de timbales et de trompettes. Le Grand Dauphin alla courre ensuite le loup à Mello ; quant aux princesses, elles eurent, l'après-midi, le divertissement de joutes sur l’eau devant les fenêtres de leur appartement.

Le vendredi 25, chasse du cerf le matin avec l'équipage du duc du Maine ; l'après-midi, chasse aux toiles à l'étang de Commelles. On avait dressé une feuillée sur la chaussée, avec des tentes au milieu; une collation magnifique y fut servie; puis les princes et les princesses, les seigneurs et les dames montèrent sur des bateaux richement ornés, à l'exception de la princesse de Condé qui demeura sur la chaussée avec quelques dames. « À peine avait-on achevé de s’embarquer qu’on entendit le son de plusieurs troupes de hautbois et de trompettes qui étaient placées en divers endroits, et, peu de temps après, un bruit de cors et de chiens qui firent lancer dans l'étang à plusieurs reprises un grand nombre de sangliers, de cerfs et de

biches. Tous ceux qui étaient dans les bateaux prirent

leur parti pour les attaquer, avec des pieux, des dards, des épées. Plusieurs se servirent de grosses gaules avec des nœuds coulants afin deles pouvoir prendre vivants... Les dames eurent la satisfaction de prendre elles-mêmes des cerfs avec les nœuds coulants qu’elles leur jetaient ; on attachait ensuite la corde au bateau, que les cerfs tiraient en voulant gagner le bord, en sorte qu’on faisait lever les rames, et lorsqu'ils l'avaient conduit à bord, on

4 PRE LT dèr MEL o 4 MAN ALT NT EE à PU LOU A OT AT OS IN RTS AS A AA PAL REA Ne) LAON l'E LAN (0 en PPT DA CAT 02 À DORE MAT A Er PS A To EN D ere PA OS 7 ps C0 ED be AIMENT © NT TELE y LL 4 FMI QUI AR Le # LA 4 Ÿ | 1 RAC TIE OUR CH ai 4 ; : 1 WT AN HE, ECS (£ nl + { Ve 4 2

LE EN SAN REP Da GA ARE DE AN BE D a A 0 a 9 EL LR AN ET EE SN LOS FES

coupait la corde et on leur donnait la liberté. Elles eurent encore le plaisir de prendre dans leurs bateaux quantité de petits faons vivants et de leur donner la liberté... ». Le samedi, la pluie n’empêcha pas le Grand Dauphin de chasser le loup, mais les dames ne purent sortir: il yeut concert, opéra, puis médianoche.

La journée du dimanche 27, qui marqua la fin des fêtes, fut la mieux remplie. Le matin, après la messe, le Grand Dauphin chassa le cerf avec la meute du grand-prieur de Vendôme. De retour au château, il se rendit avec toute la compagnie à la maison de Sylvie, où une collation était préparée. Après les entremets, le prince de Condé dit au : Grand Dauphin que, s’il voulait du fruit, il fallait qu’il se 0 donnäât la peine d’en aller chercher dans le Labyrinthe, où le dessert était servi. On se rendit donc dans le parc de Sylvie, en passant par les jeux de manège (où étaient des chevaux de bague), de longue-paume, de mail, d’arbalète et d’arquebuse, tous garnis de joueurs en pleine action. Au centre du Labyrinthe, un concert de hautbois indiquait le lieu du rendez-vous ; mais les détours étaient si nombreux que le Grand Dauphin, après avoir beaucoup marché, finit par demander grâce, et on le mit dans le bon chemin. Sa surprise fut grande quand il entra dans la salle centrale, de forme carrée avec un retrait demi- Re: circulaire sur chaque face, car le fruit était présenté de la façon la plus originale, comme on peut le voir par la 1: gravure de Le Pautre. La table dressée au milieu de la K. salle ne laissait voir que du gazon, du feuillage, des fes- | tons de fleurs entourant de nombreuses corbeilles d’argent remplies de fruits ; au milieu, un grand vase portait un oranger couvert de fleurs et de fruits; l’ensemble. formait un véritable parterre. Dans les angles de la salle, quatre buffets de gazon, feuillée et fleurs, étaient chargés de vases d’argent et de porcelaine, et encadrés

MU te 1e) MOD ETAT AIS EL AA Ac ANT ICT A FUME # AE et À A AA NT nt AL ts eat tr MA ANT AA A ALT GENS (FAN QE PNB EH

* RU Frame

de caisses d’où sortaient des arbres à fruits. À chaque extrémité, un grand buffet à trois étages, avec un dossier de consoles de feuillages et de guirlandes de fleurs ; le We premier gradin était occupé par une couche de melons ; ji le second était garni de vingt-quatre couverts de porce- | laines fines ; le troisième était rempli de gäteaux, d’as- , siettes de grosses truffes, le tout mêlé de vases de fleurs. n. Après le diner, les princes allèrent tirer. Le soir, de huit d à dix heures, grand divertissement champêtre au théâtre de l’Orangerie, offert au Grand Dauphin par Pan et toutes | les divinités des bois, nymphes, faunes, sylvains, etc. ; à “hu danses, chants, ballet d'ensemble, avec intermèdes de Ge symphonie, airs italiens et français. Au sortir du théâtre, 100 promenade en calèches à travers les jardins brillamment k illuminés ; les canaux étaient bordés de grosses lumières à profusion ; le grand Parterre revêtait un aspect extraor- à dinaire sous la quantité innombrable de feux de tout | genre qui entouraient les bassins, les plates-bandes, la Gerbe, dessinaient toute l'architecture du grand Degré, “1 et, de l’autre côté du canal, encadraient le Vertugadin, \

au-dessus duquel planait un immense soleil. Un splendide feu d’artifice, tiré en partie sur l’eau, termina la soirée.

Le lendemain, les hôtes du château se dispersèrent en x louant la magnificence du prince de Condé : cette semaine ue lui coûtait 152.783 livres.

Le rédacteur de ces fêtes signale des travaux en cours

d'exécution, tant pour la décoration du château que pour 4 l’embellissement du parc ; il parle notamment des statues . 740

de marbre que le prince avait commandées à Rome pour Du

placer dans le parc de Sylvie : Ariane, Thésée, le Mino- * : 50

: À AE A : À (rt

taure, etc. L'intermédiaire était un marchand de Paris a°t

nommé Louis Alvarez; il avait la spécialité de faire exé- «10

cuter en Italie des statues et bustes d’après l'antique, k

dont il était alors de mode d’orner les jardins ; des œuvres M

| V4 à ts | F et 8

NASA LA RE RENE A A ua te 2 A ONE D EE SN GE D na DE LAN TU Xi Ag M D 2 A ane SA LT ES ù 7 We FUN NL COUR NPD NN TE 4 FA 4 : : 3 } + À { ) RICE RE ANE th Cote 5

de ce genre fournies alors au prince de Condé, il reste à Chantilly un Bacchus, un Silène, une Vénus, et un certain nombre de bustes. Il y reste aussi des œuvres d'artistes français, la statue du Grand Condé par Antoine Coysevox (1690), les bustes de Turenne et de Condé par Jérôme Derbais (1707), les Molosses de Jean Thierry (1707), refaits de nos jours par Jonchery, de même que les Sphinx de Nicolas Coustou (1703) furent recopiés par Watrinelle en 1886. Legrand fit en 1707 les Lions qui se trouvent à l'entrée de la route du Connétable, les figures de l'Air et du Feu qui ornent la partie boisée du parc; là aussi sont la Terre et l'Eau d’Antoine Poissant (1700). Mais on ne retrouve plus les enfants de marbre de Jean Hardy qui accompagnaient le Minotaure dans le parc de Sylvie (1688), ni la statue en pierre du Grand Condé par Nicolas Coustou (1700), non plus que les œuvres de Le Hongre, de Seloisse, de Simon Hurtrelle, de Robert Le Lorrain, etc. Plus rares encore sont les œuvres des peintres dont les comptes nous donnent les noms : Houasse, Boullongne, Jean de Troy, Marc Nattier, La Mare-Richart, Octavien, Payen, Thomas Pesne, Jean-Baptiste Corneille, Yvart, Joubert, Cotelle, Vignon, etc. Des œuvres qui leur furent commandées par le prince Henry-Jules, il subsiste une À doration des Bergers d'Houasse dans l’église de Chantilly, et, au château, un portrait de Madame la Duchesse, fille de Louis XIV, attribué à Marc Nattier. | Pour relever la qualité de ses enfants naturels, le roi s'efforçait de les faire entrer dans les diverses branches de la maison de Bourbon. Trois de ses filles épousèrent le prince de Conti l’aîné, le duc de Bourbon et le duc de Chartres; en 1692, il demanda au prince de Condé la main de sa fille Louise-Bénédite pour le duc du Maine. Santeul a chanté cette petite princesse, intelligente autant

ne AR

LL Ai ar

que pétulante, sous le nom de Salpetria, nymphe de Chantilly ; elle avait deux sœurs qui épousèrent le second prince de Conti et le duc de Vendôme. Bien qu’elles eussent grand’peur de leur père, dont le caractère bizarre n’inspirait pas la tendresse, ces jeunes princesses entretenaient la gaîté à Chantilly, où il y avait toujours une petite cour d'hommes d'esprit dont les principaux poètes étaient La Fare et Chaulieu. Le mariage du duc du Maine accrut la faveur du prince de Condé, et Louis XIV vint

fréquemment à Chantilly. Il y couche le 5 mars 1692; le

Grand Dauphin l’y avait précédé de la veille; « S. M. arriva sur les six heures et trouva la maison considérablement embellie » (Dangeau). Il s'y arrête de nouveau, revenant de Compiègne, du 10 au 12 mars : « Monseigneur courut le cerf avec les chiens du roi, et ensuite il mena la duchesse de Chartres et la princesse de Conti à Sylvie et à la Ménagerie ». Nouveau séjour les 10 et 11 mai, au départ pour la campagne de Flandre. En mars 1693, le roi vient passer une semaine à Chantilly, avec une brillante compagnie de princes, princesses et courtisans ; il y travaille avec Barbezieux, donne audience au maréchal de Luxembourg, approuve l'élection de Fénelon à l’Académie française, passe la revue de ses compagnies de gardes, gendarmes et mousquetaires, brillants escadrons qui se déploient sur la Pelouse, admire les beautés du lieu, chasse à tir dans le parc, et à courre dans la forêt avec les équipages du duc du Maine et du chevalier de Lorraine, abbé de Royaumont : « Il paraît content au dernier point de toutes les chasses qu'on fait à Chantilly, et par la beauté du pays et par l'abondance de toute sorte de gibier » (Dangeau). « Le mardi 10 mars, Sa Majesté chassa depuis onze heures jusqu à six heures, et au retour, en rentrant dans le petit parc, M. le Prince donna au Roi et à Monseigneur le plaisir d’une battue dans un petit

Page 1