FAURE
muséum minéralogique offert en 1774, superbe spécimen de l’ébénisterie suédoise, exécuté à Stockholm par
George Haupt, et qui fait partie des collections du
Musée Condé. Les cabinets de physique et d'histoire naturelle de Chantilly, enlevés en 1792, enrichiront singulièrement le Muséum de Paris, de même que le cabinet des armes contribuera à la formation du musée d’Artillerie ; si ces collections ont quitté leur lieu d’origine, au moins ne sont-elles pas perdues pour la France. Que ne peut-on en dire autant de toutes les richesses qui, avant la Révolution, encombraient Chantilly et le Palais- Bourbon !
Dans la partie des jardins aujourd’hui comprise dans la ville de Chantilly, se trouvait la faisanderie établie par le Grand Condé, avec un pavillon que montrent les gravures de Pérelle. Le prince la supprima en 1773 et la remplaça par des potagers et des jardins de fleurs et arbres à fruits, figuerie, melonnière, etc. Le vieux pavillon fut remanié et décoré, et prit le nom de pavillon Romain ; il fut inauguré le 19 juillet 1774 : « Madame la duchesse de Bourbon et sa compagnie ont été à la pro” menade à pied au nouveau potager, et ont fait collation au pavillon de l’ancienne faisanderie » (Toudouze). « Le pavillon Romain, écrit Dulaure en 1786, est composé de trois pièces ; les deux des extrémités sont elliptiques et ornées chacune d’une niche, dans laquelle est pratiqué un champignon formant trois nappes ; la coquille est portée sur un piédouche soutenu de deux dauphins. Dans la pièce du milieu, le plafond offre un ciel où l’on voit voler des oiseaux ; les murs sont décorés de treillages dorés, peints avec des fleurs et des espaliers dont les fruits imitent parfaitement la nature. On doit placer au centre une baignoire élevée de cinq à six pouces de terre, qui complétera l’allégorie de la grotte de Diane aux
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