‹ Chantilly et le Musée CondéChapitre 51 sur 91 · M RE MES LS · texte numérisé non relu

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bains. » Le salon, de forme ovale, a conservé d’importants fragments de sa décoration. Le pavillon Romain, les potagers situés derrière et étagés en trois terrasses, le bois voisin qui comprenait le bassin de la Tenaille, composent aujourd’hui une belle propriété qui appartient à la famille Chapard. Plus loin, devant la fontaine des Eaux minérales, dans la prairie, un vaste bassin fut creusé en 1778 et reçut le nom de Poissonnière ou Pêcherie ; il contenait une île à laquelle on accédait par un pont de chaloupes qui se démontait à volonté; on ira souvent y faire collation.

L’ornementation des Écuries ne fut pas oubliée; en 1778, le prince fit exécuter par Jean-Baptiste Stouf un cerf en plomb qui fut placé dans le bassin de la cour des Chenils pour rappeler le cerf qui y avait été pris le 13 septembre 1776. L'œuvre de Stouf a disparu, mais le Musée Condé conserve un autre souvenir de cet épisode, un grand tableau exécuté par Frédéric Dubois et placé dans le vestibule du petit château ; de tous les tableaux de chasses commandés par le prince à Le Paon, à Jean- Baptiste Huet, à Perdrix, Leguay et autres, c’est le seul qui subsiste. On retrouve aussi à Chantilly quelques œuvres d'art exécutées à cette époque : deux grandes vues de Chantilly, prises l’une de la Pelouse et l’autre du Vertugadin, peintes sur bois, en 1781, par le flamand Henri De Cort, des statuettes en bronze de Dardel repré- ii sentant le Grand Condé, Turenne, Bayard et Duguesclin; deux marbres de Louis-Pierre Deseine, Bacchus et Hébé, placés en 1789 dans la salle à manger du grand appar- | tement du château et aujourd’hui dans le grand Parterre; nr quelques miniatures des princes et princesses, et surtout | un délicieux portrait du duc d'Enghien en habit de chasse, peint vers 1788. À l’intérieur du grand château, tout le rez-de-chaussée fut décoré à nouveau, en plusieurs fois,

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de 1776 à 1989. « Le 29 mai 1777, dit Toudouze, Leurs Altesses et compagnie ont habité le nouveau salon, qui est de toute beauté. » On rencontre alors les noms du peintre Jean-Bernard Restout, du ciseleur Philippe Caffiéri, des ébénistes Leleu, Reizel, Héricourt, Roussel; les années suivantes amènent les noms d’autres artistes, peintres, sculpteurs, ouvriers d'art; l'élévation des sommes qu'ils reçoivent témoigne de l'importance des travaux exécutés. Dans le parc, le parterre de l’Orangerie fut dégagé en 1785 par la démolition de la galerie des Cerfs ; elle fut remplacée par une galerie à découvert, bordée de balcons et pilastres; chacun des quarantehuit pilastres était muni d'un mascaron qui jetait de l’eau, et supportait un vase de marbre blanc dont les anses, de plomb bronzé, figuraient des têtes de bélier. Ces vases furent exécutés en Italie. Enlevés en 1793 et placés dans les jardins du Luxembourg, ils reprirent le chemin de Chantilly sous la Restauration et décorent aujourd'hui la terrasse du grand Parterre. La galerie des Vases fut terminée au mois de mai 1785 ; en même temps fut construit le pavillon d’Apollon pour donner l'entrée du Théâtre; à droite, un escalier descendant à l'ile d'Amour fut orné des statues couchées de Bacchus et d'une Bacchante, en marbre. Alors aussi, le prince € fit placer dans le bassin central du parterre de l’Orangerie la colonne de porphyre à plusieurs cadrans qui était à la Ménagerie » (Toudouze, 2 mai).

Le domaine forestier s’accrut en 1784 par l'acquisition des bois de Bertinval ; nombre de routes et layons furent percés, auxquels le prince aimait à donner le nom de ses officiers : Osmond, Amézaga, Auteuil, Belleval, Franclieu, Toudouze, Mintier. Le carrefour de Pilâtre, dans la forêt de Coye, rappelle la descente en cet endroit, le 23 juin 1784, d'une montgolfière montée par Pilâtre de

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