‹ Chantilly et le Musée CondéChapitre 69 sur 91 · CR ON · texte numérisé non relu

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farouche devoir d’une implacable justice. Un peintre charmant, Max Claude, apporte des souvenirs de Chantilly, {a Meute sortant des chenils, le Valet de limier partant pour faire le bois. En 1875, le prince s'assure la possession d’une toile d’Alphonse de Neuville qui retrace un épisode de la guerre, Combat sur la voie ferrée (20.000 francs), d’un beau dessin de Prudhon, la Sagesse (2,000). L'année suivante, Durand-Ruel lui vend un Horace Vernet, le Parlementaire et les chefs arabes en conseil (30.000 francs), un Bénouville, Sainte Claire recevant le corps de saint François (4.000), l’esquisse de /a Malaria d’'Hébert (8.000), un petit Decamps (4.000) et un paysage d'Achenbach. Les antiques ne sont pas oubliés ; en 1875, un petit bronze grec, Satyre dansant, découvert près de la forêt du Nouvion, terroir de Buironfosse (Aisne), fut acquis au prix de 6.000 francs; en 1877, MM. Lambros

cèdent pour 10.000 francs une petite terre cuite de

Myrina et quatre jolies statuettes de Tanagra. Je renonce à mentionner les livres, les estampes et les dessins, mais je dois signaler un ravissant petit émail italien de la première moitié du xvi* siècle, en ronde bosse, Apollon dirigeant le soleil, attribué à Benvenuto Cellini; M. Ca-

- dart le céda au duc d'Aumale pour 6.000 francs. De près ou de loin, le prince suit toutes les ventes, étudie les

catalogues, peut maintenant se rendre compte par luimême ; la mise aux enchères des collections d’'Anastasi et de Féral lui permit d'acheter de bonnes aquarelles de Delacroix, de Lami, de Roqueplan, de Pils, sans oublier les maîtres anciens, pour lesquels il eut toujours une pré-

. dilection.

Une acquisition très considérable, faite en mai 1876, fut celle de la collection de portraits, presque tous français, formée par Alexandre Lenoir aü commencement du x1x° siècle, achetée par le duc de Sutherland en 1838

et depuis lors conservée à Stafford-House. Elle se composait de 69 portraits peints et de 148 portraits dessinés aux crayons de couleur, quelques-uns au pastel. Dans les peintures, le xvi* siècle était représenté par François I°° jeune (attribué à Perréal), par Marguerite d'Angoulême, Henri d’Albret, roi de Navarre, Jeanne d’Albret, l’amiral de Coligny, son frère le cardinal, Catherine de Médicis, Diane de Poitiers, Charles IX, Henri IIT, le duc d’Alencon, le duc de Nemours, classés sous le nom générique des Clouet ; par Marguerite de France, duchesse de Berry, et M”° de Lansac, qu’on donne aujourd'hui à Corneille de

Lyon ; par Philippe de Clèves, sire de Ravenstein ; parle

réformateur Bugenhagen, attribué à Holbein ; par la femme de Luther, Catherine Bohren, peinture remarquable ; par Charles-Quint; par le comte et la comtesse de Hornes. À partir du règne de Henri IV, citons son propre portrait, par Pourbus, celui de sa fille Élisabeth, reine d'Espagne, ceux de Gabrielle d’Estrées au bain, du duc de Retz, du duc d’Aumont à cheval, de Sully et de Charost (par Quesnel), de l’abbé de Rancé, du premier président Pomponne de Bellièvre, d'Élisabeth Stuart, reine de Bohème (par Mierevelt); plusieurs Mignard, dont le magnifique portrait de Molière, d'une touche s1 large et d’un accent si profond, un Molière pris sur le vif, mélancolique et fatigué ;

d’autres beaux portraits du xvn° siècle, parmi lesquels la

mère Angélique Arnauld, par Philippe de Champaigne, un Mazarin de Mignard, un Mansart de Rigaud, et deux beaux pastels montrant Colbert et Quinault. Pour le xvur° siècle, il faut citer un excellent portrait du pape Benoît XIV, par Subleyras, et l’élégante peinture où Marie-Antoinette, au lendemain de son arrivée en France, fut représentée en Hébé par Drouais. J’ai gardé pour la fin le splendide portrait du grand-bâtard Antoine de Bourgogne, parce qu’il ne figurait pas dans la liste impri-

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