LA CHAPELLE DU CHATEAU
‘exécutée aux Gobelins d’après les cartons de De Troy (1744) ; entre les fenêtres, une autre tapisserie des Gobelins d’après Boucher; sur deux gaines, les bustes du prince deCondéet du duc de Bourbon, par Deseine (1815). Au fond du vestibule, les bustes du duc de Bourbon (par Gois, 1830) et de Madame Adélaïde (par Dieudonné), parrain et marraine du duc d’Aumale, gardent l’entrée de l'appartement.
La galerie qui mène à la chapelle fut ornée de précieux objets acquis à la vente San Donato, à Florence, en mars 1880 : chasuble et dalmatiques en drap d’or bouclé, avec médaillons à personnages ét bandes d’or sur fond bleu, travail génois du xv° siècle. La chapelle elle-même est un pur bijou; rien de plus élégant, à l’intérieur comme à l’extérieur, que ce petit édifice dont le clocheton ajouré s’élance si gracieusement dans les airs; elle fut dédiée à saint Louis, roi de France, dont la statue en bronze, œuvre de Marqueste, surmonte la façade. L'emplacement.et les dimensions de la:chapelle furent déterminés par les objets qu'elle devait recevoir, des œuvres d’art du xvr° siècle et une autre du xvu°, qui ne pouvaient trouver place ailleurs, mais qu'il importait de séparer metteinent. Élevée devant l’ancienne tour de Paris, la nef du nouvel édifice reproduisit la chapelle du ‘château d'Écouen : le fond est barré par l’admirable autel en pierre de Senlis sculpté par Jean Goujon, dont le soubassement et le retable forment une sorte de muraille :qui, mesurant 3",80 en largeur et 3",30 en hauteur, coupe d'autant mieux la perspective qu’un hardi pendentif s’abaisse de la voûte. L’autel proprement dit'est orné, sur le devant, de dix pilastres cannelés formant deux grands panneaux et trois petits, où sont sculptés en bas-relief les trois vertus théologales et les évangélistes Jean et Luc. Marc et Mathieu sont sculptés sur les côtés.
Le large soubassement qui déborde l'autel à droite et à gauche est surmonté de quatre colonnes de marbre noir qui supportent l'entablement; dans la partie centrale, au-dessus de l'autel, un bas-relief en marbre représente le sacrifice d'Abraham. Les boiseries retirées de la chapelle d'Écouen se trouvaient en fort mauvais état : elles furent habilement restaurées, et enveloppèrent la nouvelle chapelle de Chantilly. Elles se composent d’un grand lambris avec entablement. Sur ce lambris, douze panneaux de marqueterie de bois de rapport montrent les douze apôtres. La décoration, cartouches, vases, méandres, etc., est d’une légèreté charmante; partout sont répétés les devises et les alérions des Montmorency. On sait que le connétable, grand favori et intime ami du dauphin qui devait être Henri IT, lui faisait honneur, par | une délicate flatterie, des embellissements qu’il apportait à ses maisons. Les vitraux de Psyché étaient accompagnés, à Écouen, d'un vitrail aux armes du dauphin, daté de 1541, aujourd'hui placé dans la galerie Duban, au rez-de-chaussée du petit château ; de même, la table du cep de vigne, qui orne le grand appartement, porte aux quatre angles les armes du dauphin. Quand les boiseries furent terminées en 1548, le dauphin était roi; aussi un panneau porte la couronne royale et la devise de Henri Il, Donec totum impleat orbem, autour du triple croissant, emblème de Catherine de Médicis ; et le chiffre entrelacé des souverains, HC (et non HD, qui souvent d'ailleurs signifie Henri Deux), se voit sur un autre panneau, avec l'arc et les flèches dont Catherine de Médicis usa tout autant que Diane de Poitiers. Le symbolisme du xvr° siècle est encore mal connu: et d'autre part le connétable, bon catholique, ami de Catherine de Médicis aussi bien que du roi, n’a pu avoir la pensée d'offenser la reine en exaltant la favorite dans la maison
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