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LA CHAPELLE DU CHATEAU

du Seigneur. Il n’en reste pas moins, bien entendu, que Diane a employé jusqu’à l’abus le chiffre HD entrelacé ; il est cependant prudent, quand on rencontre ce chiffre sur une reliure, de penser tout d’abord à Henri et Catherine quand il y a des croissants, ou à Henri Deux à défaut de tout ornement. Les grandes verrières furent exécutées par Bardon d’après les cartons de Lechevallier- Chevignard; au centre furent enchässés, dans un encadrement de fer, les vitraux de 1544 qui montrent les fils et les filles du connétable priant sous les auspices de sainte Agathe et de saint Jean ; pour compléter la famille, le duc d'Aumale fit peindre sur la muraille les effigies d'Anne de Montmorency et de Madeleine de Savoie ; ce travail fut exécuté par Guifard d’après les cartons de Lechevallier-Chevignard, aujourd'hui exposés dans la salle du Jeu-de-Paume. Afin de consacrer le souvenir de l’ancienne chapelle, le prince fit aussi peindre l’image

des patrons, saint Jacques et saint Christophe, dans les

deux oratoires latéraux dont l’un sert de sacristie. Restait à loger le beau monument de bronze de Jacques Sarazin, sauvé par Alexandre Lenoir en 1793 et restitué aux Condé en 1815. Il se compose de quatre statues assises, la Prudence, la Religion, la Justice, la Piété, de deux génies dont l’un tient l’écu des Condé, et l’autre la plaque qui porte l'inscription commémorative, enfin d’une suite de bas-reliefs où, selon les idées de Pétrarque, l'artiste a représenté les triomphes de la Mort, de la Renommée, du Temps et de l'Éternité. Ce monument est un hommage rendu à la mémoire de Henri II de Bourbon, père du Grand Condé, par le président Perrault, son ancien secrétaire et administrateur de ses biens. Commencé en 1648 par Sarazin, le travail fut retardé par les troubles de la Fronde, l’exil du Grand Condé et la disgrâce de Perrault. Les statues furent fondues par Henri

Perlan, qui mourut en 1656 sans avoir eu le temps de les ciseler. La continuation de l'œuvre fut confiée en 1659 à Denis Prévost et François Picard, et le monument fut enfin érigé en 1663 dans l'église de la maison professe des Jésuites. Relevant un peu l’ancienne tour de Paris, M. Daumet en tira le plus ingénieux parti et créa l’abside; qui forme une seconde chapelle dont l’autel est adossé: à celui de Jean Goujon. Il fut assez difficile d'y placer le monument de Sarazin, en raison de la forme circulaire: de l'emplacement, et il fallut passer au feu les bas-rehiefs: pour les incurver légèrement; là comme ailleurs, léminent architecte se joua des difficultés. L’oratoire Saint- Louis se compose donc de deux chapelles, celle des Montmorency et celle des Condé. Les cœurs des princes de Condé, jusqu'alors conservés dans l'église de la ville, furent transportés dans leur asile définitif le 18 septembre 1885 ; le duc d’Aumale y joignit le cœur de son. fils aîné, à cause du titre qu'il avait porté ; puis le nouvel édifice fut consacré par l’évêque de Beauvais, qui célébra lui-même la première messe.

Les sculpteurs ne furent pas oubliés dans la restauraton de Chantilly. Déjà le prince avait acquis le beau marbre de Chapu, Jeanne d'Arc écoutant ses voix, placé dans la Rotonde du musée, le charmant Secret d'en haut d'Hippolyte Moulin, destiné à l’ornement du parc, ainsi que d’autres marbres commandés à de grands artistes : les statues de Molière et de Le Nôtre à Tony Noël, celle de La Bruyère à Thomas, celle de Bossuet à Guillaume ; aujourd'hui comme au xvn° siècle, ces familiers célèbres du Grand Condé à Chantilly tiennent compagnie au héros, dont la statue, œuvre de Coysevox, se dresse au milieu du grand Parterre. Chapu fut chargé de traduire par le marbre le sujet communément connu sous le nom de l’'Enlèvement de Proserpine par Pluton, et il exécuta

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