MARIE-MADELEINE RÉPAND DES PARFUMS SUR LES PIEDS DU SAUVEUR
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Marie- Mddcici no répand ileii parfum.^ sur les pieds iJu Saiireiir.
Los qualro évangélisles loiil inciilion de ce l'ail, mais ils varient sur le litMi. sur le temps, siii- les personnages mis en scène. Saint Luc raconte, sans citer aucun nom, <|u iin des plmrisiens pria Jésus à manger avec lui. et qu'une femme connue par ses désordres apporta un vase d'albâtre plein de parfums qu'elle versa sur les pieds du Sauveur (\ ). Saint Matthieu et saint Marc nous conduisent dans la maison de Simon le lépreux, oii « une femme » — sans autre désignation — « répand des parfums sur la tète de Jésus, pendant qu'il était à table (2j ». Saint Jean est plus explicite, et c'est la version de saint Jean qu'a suivie Fouquet. « Six jours avant Pâques, Jésus revint à Béthanie, dans la maison où étoit mort Lazare qu'il avoit ressuscité, et on lui lit un festin... Marthe servoit... Alors Marie prit une livre d'un parfum
(1) Luc, VII, 36-50.
(2| Matth , XXVI. 7 et suiv.; Marc. xiv. 4 et siiiv.
de nard pur très précieux, elle en oignit les pieds de Jésus et les essuya de ses cheveux, el la maison fut remplie delà bonne odeur du parfum (1 )... »
Nous sommes donc dans la maison de Lazare, mais Fouquel, comme tous les peintres de son temps. (mi prend à son aise avec la couleur locale : il accompagne de pilastres cannelés d'ordre corinthien les panneaux dont il lambrisse les murs, décore de caissons le plafond de la salle, el peint en camaïeu, dans un arc réservé au-dessus de la porte, deux petits cavaliers armés qui s'élancent l'un contre l'autre pour se combattre. En avant de ce décor où l'influence de la Renaissance italienne est encore manifeste, le repas est servi sur une table rectangulaire vue de biais, recouverte d'une nappe et dressée sur de simples tréteaux. Au milieu de celte table est assis Jésus, entouré de ses disciples. On reconnaît saint Pierre à sa gauche et saint Jean à sa droite. Devant lui, Marie-Madeleine, prosternée et enveloppée dans un grand manteau blanc, essuie de ses cheveux les pieds qu'elle vient d'oindre de parfums. « Judas Iscariote qui devoit trahir » est assis au bout de la salle. Feignant l'indignation, il dit : « Xe pourroit-on vendre ces parfums trois cents deniers et en domier le prix aux pauvres (2)? » Et Jésus lui répond : « Laissez-la réserver ce parfum pour ma sépulture : car vous avez toujours des pauvres avec vous; mais pour moi, vous ne m'avez pas toujours (3j. » Sur un seul point la peinture de Fouquet
(1) Jean, xii, l et suiv.
(2) .Ieax, XII, 5.
{3} Jeax, XII. 7 el 8.
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s'écarlodii récit de saiiil .leaii. [>azaro, au lieu d èlrc assis à lahli' avec Jésus — « ... La/.arc était un de ceux qui se trouvaient à table avec lui. . . » ( I ). — est deboul à la droite du tableau, présidant au service el causaiil avec Martbe, ([ui ajiporte les plats. Kl. tandis que Jésus, les a[>ôtres cl .Marie-.^ladideine, (|ui soni au [ircmier plan de riM-rilure. portent la tunique et le manteau classiques, le vêtement par excellence pour être de tous les teuqjs et de tous les lieux, iMarlbe et Lazare, qui ne sont qu'au second plan, sont familièrement habillés et coifîés comme les Tourangeaux contemporains du peintre.
Au bas de ce tableau. Jean Fouquet en a placé un autre de plus i»clil(^s tlimensions. où il montre Marie-Madeleine assise auprès du sépulcre vide et gardé par deux anges, marquant ainsi que c'est bien la so'ur de Lazare qu'il entendait célébrer surtout dans cette peinture. De chaque côté de ce petit tableau, deux anges encore sont deboul, tenant d'une main un écu de couleur pourpre, on sont tracés en or les chitîres d'Ltienne Chevalier, et appuyant leur autre main sur une réserve rectangulaire divisée en deux parts, ainsi que nous l'avons vu déjà dans la Naissance de saini Jean-Baptiste. Dans la partie gauche de cette réserve, on voit un M majuscule servant de cadre à un Noii me laiificre presque microscopique: dans la partie droite étail sans doute la suite du mot MuUev, dont cette lettre M est en etîet la majuscule, et qui se trouve au début des .antiennes du Magnifeal aux premières ou aux secondes vêpres du 22 juillet, jour de la
(1) Jeax, XII,
CIÎANTIIJ.Y
fête (le sainte Marie-Madeleine : Midlci tjiKv fnii in rirliaïc peecatriœ... Une main coupable a fait disparaître cette partie du texte, en collant par-dessus un vase de fleurs, dont le goût est aussi éloigné de celui de Fouquet que la fin du dix-septième siècle est distante du milieu du quinzième.