LES QUAUAME 1" OU OU ET
avec certitude. On croit cependant reconnaître, d'ànala Bihlc momliscc, le germe de toutes les promesses tenues plus tard avec tant de prodigalitt' (l). Ces miniatures auraient attiré sur lui l'attentioii du roi 1res olriorieti.r. (jui lui coininaiida sou portrait. Ce portrait csl au nuiséc du Lou\rc (2). Ou le croyait jadis de l4o4 einiron: on [tense maiutemuil. non sans raison, qu il est antérieui' d une dizaine d années à cette date. Charles VII avait quarante el un ans vers Ii44; c'est l)ieii, lui effet. 1 âge (ju'il doit avoii- dans cette peinture. Fouquet l a traité durement: loin de le flatter, il l'a enlaidi. Le personnage apparaît triste et renfrogné, sur un fond élri(}ué de rideau vert (3). Quoi (pi'il en soit. Kouquel, placé dès lors au nombre des grands portraitistes de son temps, fut mandéàUouu' pour y peindre le portrait du Pape. C'était en 1445. Kugène IV élail rentré depuis deux ans dans la ville sainte. (Toii le peuple. soule\é par les Colonna, lavait chassé en \ l-'ouipiet ii'aNail guère alors que trente ans (4).
(1) Jean Fuidjnet. par M. Henri lim cimi'. Gazette des Beaa.r-ArU, Iroisiémc période, t. \, p. 276 el 278.
(2) N" 289 du Cataloiiue général des peintures dn musée da Loucre.
(3) Ce fond, qui lient encore aux vieilles routines des écoles du .Nord, sut'llt à lui seul pour dater le portrait. Jean l'ouquet, après son vovaiio en Italie, aurait l'écliaulle son modèle par de plus chatoyants contacts.
(4) Eouquet avait représenté Eugène IV en conipagnio de deux personnages de sa maison. Cette peinture, faite pour la sacristie de l'église de la Minerve, fut enlevée de celte sacristie au cours du dix-liuiliénic siècle; on ne sait depuis lors ce qui en advint. I:]ugénc \\ étant mort le 23 février l ii7. Kouipiel dut peindre ce portrait aux approches de cette date C'est l'iiistorien tourangeau Chalmel qui a parlé le premier du portrait d'Kugène IV avec quelque détail. (V. l'article Fourfuet du Dictionnaire hiographlque qui termine ÏHisloire de la Toaraine.) Chalmel s'était renseigné dans une descri|ition latine de la Touraine écrite par le Florentin Franccsi o Florio Celte description, alors inédite, a été publiée depuis par M. André Salmou. Vasari parle aussi du mémo portrait dans la double vie de rarchilecte et scul(ileur Antonio Filaréte (de son vrai nom .\ntonio Averulino) cl
La colcbi'itc se liàtait vers lui. A Homo, il se lia avec le srulptcur
Antonio Filarète, et revint par Florence, où il trouva une moisson
déjà presque mûre d'œuvres admirables. Peut-être en regardant
les tableaux de Gentile da Fabriano, dont « le style était aussi
doux que le nom (I) », se perfectionna-t-il dans la manière de
marier les ors aux couleurs (2) ; peut-être aussi les peintures et
les dessins de Vittore Pisano, le plus fameux animalier de son
temps, lui enseigncreiil-i!s à mieux peindre les animaux et à
donner [)lus de relief à la silliouette des corps (3). C-e qui est
certain, c est qu à sou retour en France, sa manière s'était
allégée, et qu'il y avait dans son goût um^ pureté qui, jusque-là.
lui avait fait défaut. En 1452, la fortune lui ménagea la faveur
de rencontrer le prolecteur qui lui manquait encore.
Le 24 août 1452, maîlrc Etienne Chevalier, trésorier de France,
avait perdu sa femme, Catherine Budé, et l'avait l'ait iidiumer à
Melun, dans l'église Notre-Dame, en un tombeau où il s'était
réservé une [)lace à côté d elle. Pour celle église dont il était le
bienfaiteur, il commanda à .lean Fou([U('l un c.r-rulu en forme de
dyptique, qui devait témoigner de sa dé\olion à la Vierge, en
même teni[>s (jue de sa reconnaissance envers une bienfaitrice
du sculpleur Simuiie. frère de Donatello, tous deux fort esLimés d'Eugène I^^ « Simone, dit Vasari, venait de mourir à Florence, âgé de cinquante-cinq ans. lorsque arriva à Home Giovanni Fochetta (Jean Fouquet), très célèbre peintre, qui peignit à la Minerve le pape Eugène, qu'on tint à cette époque pour une très lielle cbose. 11 se lia iiitimenienl {dime^ticostsi assai) avec Antonio... •> Voir, sur le Puiirait du pnpe Euycne IV, le savant travail de M. Anatole ije Montaiglo.n : Put II ait du pape Euijhie IV, d'après les tcinoignmjes d'Antunio Filarète et de Vasari. {Archives de l'Art français, 2' série, t. I, 1861, p. 454-468.)
(1) Le mot est de Michel-.\nge.
(2) Gentile da Fabriano était niurl cuire 14:2" el 1428.
(3) Vittore Pisanu quitta Rome en 1432; Fouquel ne put donc l'y voir
LES nrUlANTE FOl'QT'ET.
(lui n'rlail iiiilfc (juc la inailressc du roi. I^licnuc ( ilun alicr Icuail (1 Ajiuès Sorrl honneurs ot fortune : il avait (''té son }irot(''g('> d'ahortl, son ami cnsuil(\, son (>X('^cutcur testamentaire enfin (1). L'un des cô[v^> de ce dyptique (le volet de gauche), sur lequel le donateur est peint en compagnie de son patron saint Etienne, montre en Fouquet un remarquable portraitiste. L'autre cold (le volet de droite), où la A ierge est représentée sous les traits d'Agnès Sorel, dit-on, dévoile un peintre d'histoire très insuffisant (2). Or, en même temps qu'Etienne Chevalier demandait ce double tableau au maître tourangeau, il lui faisait })eindre un livre d'Henres, dans kMjuel devaient être gloritiés Jésus-Christ, la Vierge et les saints: et, sur le terrain de la miniature qui était le sien, Eouquet, faisantpreuve d ujie diversité d'inspiration merveilleuse, laissait à l'actif delà peinture française du quinzième siècle un impérissable clief-d'œuvre. Les Heures d'Étienne Chevalier ont diï occuper Jean Eouquet de 1452 à 1460 environ. C'est peut-être la plus belle période de la vie du peintre. On voit combien l'Italie avait agrandi l'horizon devant lui. Ses figures, cependant, restent toujours courtes; les élégances ultramontaines n'ont rien changé
(1) Jacques Cœur et Robert Poitevin lurent également ciiargés de l'exécution des dernières volontés d'Agnès Sorel, mais ce fut Etienne Chevalier qui prit sur lui toutes les responsabilités. C'est lui qui conduisit la dépouille mortelle à Loches, la paroisse la plus voisine de Fromenlcau, lieu de naissance d'Agnès Sorel, où elle avait voulu être enterrée. Voici l'épilaphe qu'il fit graver sur son tombeau : « Cj gist noble damoiselle Agnès Scurelle, en son vivant dame de beauté de Roqueserieu, d'Issoudun et de Vernon-sur-Seine, piteuse envers toutes gens et qui largement donnoit de ses biens aux églises et aux pauvres, laquelle trespassa le neuvième jour de février, l'an de grâce mil (juatre cent quaran(e-neuf. Priez pour l'àme d'elle. Amen. ^
{2) Cette remarque est importante, nous y reviendrons dans la conclusion de ce travail.
à leur structure, et le nu demeure aussi sa partie faible, malgré les quattrocentisti qu'il a vus à Foeuvre ; mais les détails abondent en réminiscences heureuses, et l'on sent que notre miniaturiste, sans rien abandonner de l'esprit de la France, i»orle en lui le souvenir de Florence et de Rome; dans ses chevaux, uulummcnt, on voit qu'il a mis à profit l'enseignement de Pisauello.
Charles Yll meurt le 22 juillet 1461, et Louis XI lui succède. Ce fut un triste Mécène. Fort heureusement pour Fouquet, Etienne Chevalier vécut treize ans encore et lui resta tidèle. Vers 1469, Fouquet peignit, pour Etienne Chevalier, le Boccacc de la Bibliothèque royale de Munich, avec cette extraordinaire composition des Nobles iiialhciirciu-. on. sur une superlicie de trente centimètres, trois cents ligures sont prises au vif de la nature et de la passion... Le [)ortrait de Guillaume Juvénal des Ursins, qui se détache sur un fond d'or d'importation italienne, est presque de la même époque... N'iennent ensuite les livres d'Heures exécutés pour .Jean Moreau, bourgeois de Tours, et pour Marie de Clèves, duchesse d'Orléans. Espérons que ces trésors ne sont qu'égarés, et qu'il en sera d eux comme des Grandes Chroniques de France, dont les cinquante-trois peintures ont été restituées au maître tourangeau par un de nus savants bibliothécaires (1). Charles Yll avait commandé ce livre en Li.jS à ,)ean Donier, maître ès arts, et à Noël Frébois, qui ont écrit le texte sur parchemin in-folio très épais. En tète de chacun des cha-
II) M. Henri Bouchot. Gazelle des Beaax-Arls, t. 1\ , troisième période, p. m. — Les Grandes Chroniques de France appartiennent à la Bibliothèque nationale de Paris, et sont cataloguées sous le n" i63 du fonds français.
LES orARAXTK FOrorKT
pitres. a iTin-rseiili'. smis le counci'I des .Mri-(»\ inj^iciis
(.'t dos Carl(t\ iii^iiMi<. plus l>i illaii les scènes de la (•llt'^al('^ie (lu i|iiiii/,iriiu' sirclc. C/i'sl là sui l(tii| (HiOii iccoiiiiail . dans noire iiraiid iniiiialnri-lc. nii priiilrc dr Italaillcs. .MallMMireiiscineiil, les Gniiiilcs Cln miiiiiirs >{)\\ \ arrrlcrs a ii dchii I du rr^no de ( diarlcs ^ II, fl l'"<)Uiiuid n a |in nous doiini'r ni Jeanne d Arc. ni ses eonipagiions d armes . niai> il inuis a rentlii le l'aris des {{(Miriiiiiiiiions et des .Ariuafiiiaes. a\ee sa croix Sainl-Ladre, son '/\\)r\ de .Monlfaucou, sa lonr des Tenudiers: la ville de Tours enserrée dans ses tories murailles, les cin(| clocliers romans de la basilique de Sainl-.Marliii. elc. Les miniatures dos A iiliti ni les judaïques du Josè[dn' soni jtarnii les dernières œuvres du maître ( I ).
Kn I i'O. I(ws de la fondation de la ciiexalerie de Sainl-.Micliel, Louis \l s'elail fait peindre par b'oiH[uel au milieu des chevaliers de son ordre. Oi-. pendant longtemps,, de ce Louis XI on a\ail fait un Louis XII {'2\. C'esl (\nr Louis \l en [u-enail à sou aise avec les peiidres au\(|uels il commandait son portrait. On sait (pi aNani un jour ( luirgé Colin d'Amiens de celle besogne, il lui ordonna d(> su[)primer de sa peinture la laideur et les rides, tout ce qui seidait la ^ieillesse. de faire le nez afjuilin, le visage plein, le cràiu' [>ourvu de cheveux en abondance, de détailler les insignes de l'ordre de Saint-Michel, de soigner particulièrement le collet de l'habit, les boites de chasse et le cornet de veneur. Kt dire i\uv voilà les preuves de Thistoire!... Après
• (1) Les Autiquilés pulduiues sont également ii la liiljliollièque nationale de Paris.
{i) .M l'aul Durrieu a eu raison de cette erreur.
Etienne Chevalier et à défaut de Louis XI, ce fut Jacques d'Armagnac, duc de Nemours, qui, surtout, occupa Fouquet. C'est pour ce seigneur que notre miniaturiste termina le livre des Anllqwth juclaïqim de Josèpho, et qu'il plaça, au bas de la peinture de débul. le blason d'Armagnac. I n Ici livre suffirait à lui seul ponr nons renseigner sur la fécondité d'imagination de l'artiste tonrangean. Ce Iravail terminé . snrvini la lin tragique de celui (jni le lui avait demandé (1). Jean Fouquet vécut tristement trois ans encore à Tours, et mourut sans bruit dans sa maison de la rue des Pucelles, où peut-être il était né (2).
Les quarante miniatures de Jean Fouquet, exposées maintenant comme tableaux dans la galerie de Chantilly, donnent à cette galerie une importance unique au point de vue de la pein-
(1) Jacques d'Armagnac, duc de Nemours, fut décapité en 1477, à l'âge de quarante ans. Vers 1482. sa fille, Catherine d'.\rmagnac, épousa le duc de Bourbon, dans la maison duquel elle fit entrer ce livre admirable des Anliqiiiti-s judaïques. C'est ainsi que le manuscrit de Josèplie faisait partie du trésor de Moulins, avec une noie écrite par le secrétaire Robertet, indiquant que les trois premières histoires sont dues aux enlumineurs du duc de Berrj. et que les neuf autres (c'est onze qu'il faut dire) sont " de la main du bon peintre et enlumineur du roi Louis X], Jehan Foucquet. natif de Tours ». Ce précieux manuscrit est à la Bibliothèque nationale de Paris.
(2) Le 8 novembre 1481, un chambrier de .Saint-Martin de Tours, énumérant ses rentes dans un aveu, dit que « la veuve et héritiers de feu Jehan Foucquet, peintre », lui doivent deux deniers sur la maison paternelle, « joignant d'un cousté à la tour l'oubert... d'autre cousté à la rue des Pucelles et d'autre bout à la tour desdites Pucelles. » [Jean Fouquet, par M. Henri Bouchot.) — Un émail, légué au musée du Louvre par M. de Janzé et placé dans la galerie d'Apollon, donne le portrait de Jean Fouquet dans la force de l'âge. On lit. sur les côtés de cet émail : Joh.\nxes Fovqvet.
LES QUARANTE FOUQUET
tare fraiiraLsc du ([iiinzième siècle. En s'appropriant ce trésor, .Monsieur le duc d Auniale a reconquis un trophée vraiment nalional.
Ces miniatures proviennent du livre d'Henics peint par Fouquet pour Etienne Chevalier, « seigneur des Prunes, du Vignan, de Grigny et du Plessis le Comte ; secrétaire du roy, maistre de sa chamhre aux deniers en 1 i3i ; conseiller-maître des comptes le 15 août 1440; trésorier de France le 20 mars 1452: secrétaire d'Étal, ambassadeur, etc. « (1). Conlident de Charles VII et ami d'Agnès Sorel, Etienne Chevalier eut le rare privilège de conserver la conliance de Louis XL qui avait été mauvais fils et avait détesté la maîtresse du roi. Etienne Chevalier, que Charles VII avait envoyé en Angleterre pour y traiter des conditions de la paix en 1445, l'ut chargé par Louis XI, en 1463, de porter à Philippe le Bon les (juatre ceni mille écus slipulés pour le rachat des villes d'Amiens, d'Abbeville et de Saint-Quentin, puis délégué auprès du [tape Paul II en 1470. Sous deux i-ègnes successifs, le rôl(^ politique d'Etienne (ilievalier l'ut donc considérable. Son action sur les arts ne le lut pas moins. Les \itraux de sa chapelle, dans l'église de Saint-Merry, étaient renommés; les sculptures, qu'il avait partout prodiguées dans son hôlel de la rue de la Verrerie, témoignaieni en faveur de son goût ; les miniatures de ses livres, surtout, faisaient de sa bibliothèque un véritable musée. Jean Fouquet, qui était son maître de prédilection, avait, nous l'avons vu, exécuté [)Our lui des Heures qui
(1) GoDEFHOY, Hisl. de Cliaiies VII, p. 881 et suiv. — Compte de Robin Denizot, S. fr. 1144. 39.
surpassaient ce que la France, en ce genre, avait vu de plus beau. Toutes les peintures de ce livre sont, en effet, comme autant de tableaux minuscules, merveilleux d'invention, admirables d'exécution. Sur trois d'enlre elles (la première, la dix-septième et la quarantième), se voit le portrait d'Etienne Chevalier; sur toutes, les initiales du trésorier de France E. C. sont à profusion répandues.
Cet incomparable manuscrit resta durant plus d'un siècle et demi entre les mains des descendants directs d'Etienne Chevalier. Le dernier d'entre eux, Nicolas Chevalier, baron de Crissé, conseiller du roi, surintendant de Navarre et de Béarn, premier président de la cour des aides, etc., mourut en 1630, laissant sa bibliothèque — qui était la bibliothèque même d'Etienne Chevalier — à un de ses neveux par alliance, « avec prière de la vouloir conserver et augmenter en faveur des gens doctes ». Ce vœu fut méconnu : les Nobles de Boccace passèrent en Allemagne (1): les Heures restèrent en France pour y être mutilées. Elles y étaient intactes encore à la fin du dix-septième siècle, quand Gaignières y fit copier les portraits de Charles YII et d'Etienne Chevalier pour le vaste recueil de dessins qui porte son nom (2). Dans ce recueil, en effet, on lit au bas du portrait du roi : « C-harles YII, copié sur une miniature dans une paire iV Heures faite pour Estienne Chevalier, trésorier général de France sous ce prince. » Et de même, au bas du portrait d''Etienne Chevalier : « Copié, d"après son portrait en miniature,
(1) Ce manuscrit, nous l'avons dit, est ii la Bibliothèque de Munich.
(2) Ce recueil est à la Bibliothèque nationale de Paris.
LKS OliAUANTE FOUQUET.
dans une paire d'Honcs qu'il avait fait, faire. » Te sont là les dernières mentions connues de cet admirable livre. Au commencemenl du dix-huitième siècle, .Montfaueon reproduit ces deux mêmes portraits, en déclarant (pi'il n'a pu retrouver le manuscrit, et qu'il a dû recoui'ir aux dessins de Gaignières (1 ). Si l'infatigable Bénédictin n'a |>u découviir le [irécieux livre, c'est qu il n'existait plus. 11 était tondjé, depuis peu de (emps sans doute, aux mains d'un barbare, qui, après en a\oir retiré les miniatures, a\ait détruit le reste, dette mutilation doit avoir été commise vers 1700. Chacune des pages enluminées fut regardée dès lors comme un véritable tableau. En 1805, quarante d'entre elles furent achetées chez un marchand de Bàle par M. Georges Brentano La Roche, de Francfort; elles sont devenues, en 1891, la propriété de Monsieur le duc d'Aumale Cl).
En dehors de ces quarante miniatures, on en connaît quatre autres encore tirées du même livre d'HcKi cs : la première a passé du cabinet de M. Feuillet de Conclies an musée du Louvre; la seconde est entrée, fragmentée, dans le mênu^ musée avec la collection Sauvageot ('.\): la troisième a été trouvée en 1881 par M. Georges Duplessis, et ofl'erte par M. le duc de la Trémoïlle à notre Bibliothèque nationale : la qualriènu' faisait partie de la collection du poète Uogers, ehe est maintenant au musée britanni(iue. On a donc actuellement (piarante-(pialre [»eintures pro-
(1) Monionriils lie la iimnarchle fnuinnse. t. Il, pl XLVII, figure 2. Charles VII est en pied, et debout, tandis qu'il est agenouillé dans la miniature de Fouquet.
(2) C'est de M. Louis Brentano, fils de M. Georges Drentano, que Monsieur le duc d'Aumale a acquis ces miniatures. M. Georges Brentano les avait achetées jadis o.OOO francs. Monsieur le duc d'Aumale les a payées 230,000 francs.
(3j M. ]'. Durrieu en a établi l'aulheulicilé. {Biillelin des musén, novembre 1891 )
venant des fameuses Heures : quarante sont à Chantilly; deux sont au musée du Louvre ; une est à la Bibliothèque nationale ; une aussi se trouve au British Miimm. Peut-être en découvrira- t-on quelques autres encore.
Nous allons, en nous confinant dans le domaine de Chantilly, décrire les quarante peintures restituées à la France par Monsieur lo duc d'Aumale. Nous les placerons dans l'oi'dre où il convienl de les voir. Kn regard de chacune de nos descriptions, l'héliogravure nous rcn(h'a la pensée du maître comme dans un miroir. La couleur, il esl Mai. manquera encore à ces reproductions, et elle est de qualité tellement rare, qn'cdle leur fei-a grandement défaut. Cependant la mérité, dépouillée de cette parure, n'en apparaîtra qu'avec pins d'évidence, et nous pourrons, après avoir reconnu dans Jean h'ouquet le plus grand des miniaturistes français dn ([ninzième siècle, nous rendre compte de ce qu'il fut dans le domaine de la peinture d'histoire proprement dite.