‹ Chants armoricains, ou Souvenirs de Basse-BretagneChapitre 16 sur 79 · LE RIVERAIN · texte numérisé non relu

LE RIVERAIN

Ne l'avertissez pas ; cette plage stérile

Nous doit depuis long-tems le tribut de ses eaux.

Ce jour va nous donner la joie et l'abondance : Les flancs de ce vaisseau peut-être sont pleins d'or ; Calmez de votre coeur la juste impatience , La mer avant une heure ouvrira son trésor.

Songez qu'à l'Océan on doit un sacrifice, ,

Et que de l'étranger il réclame le sang.

C'est l'insulaire , amis ; Saauzon ! . . qu'il périsse ! 3

Puisqu'un Dieu le condamne, il n'est pas innocent.

L'onde semble apaisée : est-it quelque victime Que l'on aurait soustraite à la haine des cieux? Des esclaves ! soudain qu'on les rende à l'abîme : Est-ce à nous à ravir l'héritage des dieux?

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