LE RIVERAIN
Ne l'avertissez pas ; cette plage stérile
Nous doit depuis long-tems le tribut de ses eaux.
Ce jour va nous donner la joie et l'abondance : Les flancs de ce vaisseau peut-être sont pleins d'or ; Calmez de votre coeur la juste impatience , La mer avant une heure ouvrira son trésor.
Songez qu'à l'Océan on doit un sacrifice, ,
Et que de l'étranger il réclame le sang.
C'est l'insulaire , amis ; Saauzon ! . . qu'il périsse ! 3
Puisqu'un Dieu le condamne, il n'est pas innocent.
L'onde semble apaisée : est-it quelque victime Que l'on aurait soustraite à la haine des cieux? Des esclaves ! soudain qu'on les rende à l'abîme : Est-ce à nous à ravir l'héritage des dieux?