‹ Chants armoricains, ou Souvenirs de Basse-BretagneChapitre 17 sur 79 · LE RIVERAIN · texte numérisé non relu

LE RIVERAIN

Le navire est frappe, regardez, il s'cntr' ouvre ; Nos pères sent joyeux, entendez-vous leurs cris?

Le Roc Noir a paru, le Goulven se découvre 4

Et l'océan vainqueur roule sur des débris.

Mais ces débris bientôt enrichiront la rive : Aujourd'hui , qui de nous sera le plus heureux ? Attendez la fortune, à vos pieds elle arrive ; Chacun aura la part que lui donnent les «eux.

1 Voyez sur Plouueour la brume qui s'élève.

Phnmeour-Très, village du Finistère. Voyez la carte de Cassini.f. 156.

* Oui, ce jour sera beau pour l'enfant de la grève ; Un vaisseau près du bord lutte contre les vents.

Les riverains de cette côte sont avec raison redoutés des naufragés : honnêtes gens d'ailleurs, on peut voyager chez eux avec sécurité ; mais ils ne regardent pas comme un vol de s'emparer de ce que lu mer apporte ; c'est un don que leur a fait la providence, un revenu qui leur parait aussi lé* gitime que les fruits de la terre. Les exhortations des curés, les efforts de l'autorité n'ont pu changer encore leur opinion à cet égard ; ils voient de mauvais œil le praire qui prêche contre le pillage, ils le considèrent comme un étranger vendu au pouvoir et qui trahît leurs intérêts. Un riverain ira de bonne foi faire dire une messe pour que Tannée .soit heureuse en naufrages. On les a vus parcourir processioniieilemenl le rivage en chantant les litanies pour obtenir la même Paveur.

Voici la description d'un naufrage , écrite par l'auteur, en 1 8 1 7 9 sur le lieu même, et au moment de l'événement. Voir les journaux de l'époque.

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