LA TEMPETE
Permets que je revoie un seul jour ma chaumière , Un seul jour le coin du foyer ;
Que je touche une fois le front de mon vieux père , Et que ce jour soit le dernier.
Alors je reviendrai sans regret sur la plage Me soumettre au triste destin ;
Alors, victime offerte à l'oiseau du carnage, Je lui découvrirai mon sein.
Mais tu ne m'entends pas : le ciel impitoyable Repousse les vœux du nocher ;
La trombe nous soulève, et sa force indomptable Nous entraîne sur le rocher.
Là, sur nous , pour jamais, va se fermer l'abîme, Ce gouffre où le plus vaillant dort ;