LE DOUTE
A quoi m'auront servi mes antiques exploits?
A parer mon rival d'une palme plus belle ; Je n'ai verse' mon sang et vaincu tant de fois, Que pour rendre aujourd'hui ma défaite immortelle.
Ha ftUaitt.
Hate-toi , donne-moi la mort , Frappe ; je suis sur la poussière ; Esus me livre à ta colère , Et je cède à l'arrêt du sort.
Prends mon casque, mon glaive, ah! prends aussi ma lance, Celtos, mes armes sont à toi ; C'était le prix de la vaillance , Et tu fus plus heureux que moi.
Je suis vaincu , c'est assez pour ta gloire : Vas, dès ce jour, tu ti'as plus de rivaux,
Et ton nom digne de mémoire Est inscrit parmi les héros.
Ur-Maz-Han , ton fier adversaire , Ce terrible roi des combats, Est maintenant étendu sur la terre, Courbe sous le poids de ton bras.
Malheureux fut le jour où quittant le rivage Je vins descendre sur ces bords !
Mon cœur était puissant; inutile courage, Les dieux repoussaient mes efforts.
Serais-tu triomphant si la main immortelle Pour toi n'avait pas combattu? Oui , c'est à toi. que j'en appelle , A toi, Celtos, qui m'as vaincu.
Pour dire au monde ta victoire , O Celtos, s'il n'est que ta voix, Ah ! quel guerrier osera croire A de si glorieux exploits?
Le barde pourra-t-il à la race future Transmettre des faits inconnus?
Vainement, montrant mon armure, Tu diras : le héros n'est plus.
Ou sont donc les témoins de ce combat terrible? Est-ce le chêne ou le roseau?
Est-ce la bruyère insensible? f
Est-ce la rive du ruisseau?
Âh ! ce ne sera point ma tombe solitaire !
Mon cadavre silencieux
Ne soulèvera point la pierre Pour révéler un secret odieux.
Que dis-je? avide de vengeance Mon spectre attache sur tes pas , Appelant sur toi la souffrance , Te conduira lentement au trépas.
Plus de repos quand sur ta tête Retentira la voix des vents ; Parmi les cris de la tempête Tu reconnaîtras mes accens.
Dans le murmure du feuillage ,.
Dans le frémissement des eaux , Ton cœur agite par l'orage N'entendra plus que des sanglots.
Et quand, à l'heure du mystère, Apparaîtra l'astre du soir, Couvert de mon drap mortuaire, O Celtos, lu croiras me voir.
îla fi&ÛVt.
Tu fus vaincu , tu dois cesser de vivre , Hoël a donné le signal ; De ton sang qu'aujourd'hui s'enivre Le rivage de Pontusval. '
Pourquoi tarder? sous la feuillée Le vautour attend son repas , Et, la poitrine dépouillée.
La semnothée étend le bras. a
Le torrent fait rouler la pierre Qui bientôt couvrira ton front ,
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