LE SANGLOT
N'appelez pas ; le fantôme, peut-être, Viendrait punir votre témérité ; Il m'a semble' déjà voir apparaître Sur votre tête un bras ensanglanté.
Il rentrera dans les sombres demeures, Il cessera ses funestes accens.
Lorsque la lune aura marqué dix heures, Alors, amis, nous reprendrons nos chants.
1 Cessez , cessez de danser sous l'ombrage, Du jabadean de presser les détours.
Les danseç. des Bas-Bretons ont le caractère d'une haute antiquité, et probablement les airs et les figures en sont les mêmes qu'au tems des druides ; leurs chants , toujours en mineur, ont quelque chose de bizarre qui attache et étonne. Ils dansent avec gravite ; les femmes ont les yeux baissés, et les hommes sont sérieux ; personne ne se douterait qu'Us s'amusent ; cependant aucun peuple n'a porté plus loin la passion de la danse ; on les voit dans les villes, même sur les places publiques, sur la pierre, danser des heures entières, exposés à la pluie. Une dé leurs danses, le jabadeau, lorsqu'elle est formée par un grand nombre d'individus , ne manque pas de grâce et même de majesté. Un premier cercle est composé tout entier d'hommes , le deuxième de femmes, et ainsi de suite. Ils sont à quelque distance les uns des autres, leurs mains mêmes ne se rapprochent pas; on croirait presque voir une pompe religieuse.
L'orchestre est un bignou ou bigniou (cornemuse) , une bombarde , espèce de hautbois , un tambourin ; quelquefois on y ajoute une vielle.
Aux environs de Landeraeeu, il y a une autre danse : tous les danseurs, hommes et femmes, se tiennent la main ; le premier en tête eutraîne la file qui est obligée de le suivre ; la mesure est vive , et cette ligne de danseurs comme un long serpent se plie et se replie en cent façons, selon le caprice ou l'art de celui qui la guide.
Après la danse , l'homme reste immobile et silencieux devant sa danseuse qui , de son côté , demeure les yeux baissés et sans parler : elle ne se retire que lorsqu'il a touché légèrement son chapeau.
S'il se promène avec elle , il prend l 1 extrémité du long ruban qu'elle porte à la ceinture^ et le fouie jusqu'à ce que sa main la touche ; la jeune fille lui frappe alors légèrement le bras , il laisse échapper le ruban et il recommence à le rouler.
H est «ne autre danse dam laquelle les -figurantes ont sur la tête on vase rempli de sable et de fleurs : ces vases, très fatras et souvent hauts de deux pieds , sont posés ea équilibre; on n'invite pas ces danseuses , elles ont le droit de choisir leur cavalier * si quelqu'une laisse tomber son vase elle est l'objet des sarcasmes de tous lesassistam. Ob a vu quelquefois deux villages se disputer ainsi le prix, et les jeunes filles combattre de légèreté et d'adresse. Cette espèce'de «danse a ordinairement lieu quand on eoustiuit une aire.
Lors de la fête d'un village, le bigniou et la bombarde vont l'annoncer à la ville voisine ; deux couples suivent les musiciens , et dansent devant la porte de ceux à qui ils veulent faire honneur, et on y attache une couronne de feuillage.
fi/aote.
Garde-toi d'approcher du pin de Lambadère, '
Celtos ! un spectre est dans ces lieux ; Le héros peut braver les enfans de la ferre ,
Mais non pas défier les dieu**
A quoi te serviront et le glaive tft la lance Et tous les efforts de ton bras?
Celtos , que pourra ta vaillance* Contre l'ennemi qui n'est pas?