‹ Chants armoricains, ou Souvenirs de Basse-BretagneChapitre 53 sur 79 · LAVIS · texte numérisé non relu

LAVIS

S'il voit après lui la victoire , Il sait combattre , il sait mourir.

Mais, contre une froide poussière, Contre l'habitant des tombeaux, Il n'est pas de bras téméraire ; Celtos , il n'est pas de héros.

Et si le apectre dans sa rage Sur toi répandait son poison , Bientôt, le front ceint d'un nuage, Gcltos , tu perdrais la raison. *

Malheureux est celui qu'un prestige funeste Tient enchaîné sous son pouvoir!

Plus de repos ; il ne luj reste, Que l'angoisse du désespoir.

Cris superflus, triste victime, Le sort a trace son arrêt; Celtos , dans le fond de l'abîme Regarde ! ton cercueil est prêt.

»(MHBS*

1 Garde-toi d'approcher du pin de Lambadére.

Lambadére , village à peu de distance de Saint-Pol-de- Léon.

* Et si le spectre dans sa rage Sur toi répandait son poison, Bientôt, le front ceint d'un nuage, Celtos, tu perdrais la raison.

D'après le préjugé populaire, lorsque le spectre tous a a touché, on perd la raison, on lauguit et Ton meurt. Il est un fantôme particulièrement i sdouté dans les campagnes , c'est la Scrigtrei-nooz, la crieuse des nuits, qui tous poursuit en poussant des gémissemens plaintifs.

Vainement tu voudrais abattre mon courage Et me faire invoquer la mort :

Celtos sait résister aux efforts de l'orage ; Celtos sait combattre le sort.

Fantôme, noir démon qui demandes ma vie , Tu n'es pas l'organe des cieux !

Non, non ; le sang d'Hoèl , si cher à la patrie , ' Ce sang est encor précieux.

N'est-il plus d'ennemis? ta rage impitoyable Ne cesse d'assaillir mon cœur.

Quel monstre? quel danger? quel bras plus formidable Jamais défia la valeur?

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