LE MALADE
Il veut marcher, et le fer de sa lance Semble se tourner contre lui.
Le cri du preux, appelant la victoire,
A retenti sur le coteau ; Celtos j helas ! en soupirant la gloire ,
Attend la pierre du tombeau.
Ils ont vaincu ! le barde de la guerre Jusqu'aux cieux proclame leur nom,
Et mon nom seul est reste 7 sur la terre , Enseveli dans le vallon.
A leur aspect, l'amante enorgueillie A relevé son front joyeux ;
Méaga seule a sur ma main flétrie Baissé son regard soucieux.
le Malade. 223
Pour le léros, 1» riftort est toujours belle.
La mort était son avenir; Mais expirer sous la fièvre cruelle ,
Pour le Wvo», est-ce mourir?
lie l&hfitfyûix.
Kernevad, es-tu là? prends, ami, prends mon glaive; Approche, approche encor, plonge-le dans mon sein; ' Puisqu'il faut que je meure , ah ! que ton bras achève Ce qu'ordonne aujourd'hui l'inflexible Destin.
Après tant de hauts-faits, sur cette couche obscure Faudra-t-il que le chef expire sans honneur?
Frappe donc; que mon père, en voyant ma blessure, Dise : « Gloire au guerrier qui lui perça le cœur! »
lue sapin embrase, la nocturne musette, Au cercle des aïeux m'appelleront en vain ; * Sous l'arbre de minuit, à la pierre muette, Nul ne verra Geltos apparaître au festin.