‹ Chants armoricains, ou Souvenirs de Basse-BretagneChapitre 68 sur 79 · LA HARPE · texte numérisé non relu

LA HARPE

Réveille-toi, Celtos; Celtos, barde d'amour;

Celtos , l'espérance d'Armore ; Réveille-toi, Celtos, à l'éclat d'un beau jour,

Puisque tu n'as pas vu l'aurore.

La harpe près de toi se repose et languit, Elle appelle un chant de tendresse ;

Comme la main chérie, au retour de la nuit, Elle attend que ta main la presse.

Le ramier inquiet gémit dans le vallon ,

Il s'étonne de ton silence ; Toujours à ton réveil il entendait le son ,

Signal d'amour et d'espérance.

Et toi, loin des guerriers, tu veux braver la mort,

Tu veux ici mourir sans gloire :

ao.

m LA HARPE.

Pourquoi, Celui», pourquoi iepousies-tu le sort Qui t'avait promis I» victoire?

Hais lu voix d'un ami tourbe ton noble cour:

Le guerrier a saisi sou glaive ; A li ! prend» la harpe aussi, dis lu chaut du vainqueur

Avant que la Lune se lève. ■

Il célébra les preux! Ébui même encbanW

Un instant suspendit sa rage, Et sur ton char, Ar-Marff, noire divinité,

On ne vit plus gronder l'orage- !

XTGftîlS»

* La guïmile t'éveille et monte veis le* cieux, Et l'hermine fait tous l'ombrage.

Gutmify, hirondelle. L'hermine et la belette inspirent encore une terreur superstitieuse : lorsqu'un de ces animaux expire, la personne sur laquelle il jette son dernier regard mourra dans l'année.

On met du pain et du lait dans les endroits où ils passent ; lorsqu'ils ont goûté le pain de la maison ils n'en attaquent plus les volailles. L' hermine fait partie des armoiries de la Tille de Morlaix.

* Tu don, hélas 1 Àr-MarflY agite à ton côté, Ar-Marff , qui jamais ne pardonne.

Ar-Marff^ 1* mort.

5 Et sur ton char, Ar-Marff, noire divinité , On ne vit plus gronder l'orage.

Lorsque quelqu'un doit mourir, on entend un bruit sourd et prolongé; c'est celui du char de la mort, carrik-amamon; il s'arrête à la porte de la victime désignée et l'on

entend frapper trois coups : si elle meurt sans fermer les yeux, une autre personne de la maison la suivra bientôt. Dès qu'elle a rendu le dernier soupir, on renverse tous les vases remplis d'eau qui se trouvent dans le logis.

Une femme enceinte ne peut pas être marraine ; elle ou son enfant mourrait dans Tannée.

Uà Consolation.

L'amitié soutenait leurs cœurs , Et sous le sanglant météore La lyre leur disait encore Des chants consolateurs.

On ne combattait plus , ils chantaient l'espérance

Et les antiques souvenirs ; A ces nobles récits , oubliant la souffrance ,

La douleur avait ses plaisirs.

Le tems brise l'épée , il respecte la lyre ; Quand la lyre a vibré , l'avenir retentit :

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