LA HARPE
Réveille-toi, Celtos; Celtos, barde d'amour;
Celtos , l'espérance d'Armore ; Réveille-toi, Celtos, à l'éclat d'un beau jour,
Puisque tu n'as pas vu l'aurore.
La harpe près de toi se repose et languit, Elle appelle un chant de tendresse ;
Comme la main chérie, au retour de la nuit, Elle attend que ta main la presse.
Le ramier inquiet gémit dans le vallon ,
Il s'étonne de ton silence ; Toujours à ton réveil il entendait le son ,
Signal d'amour et d'espérance.
Et toi, loin des guerriers, tu veux braver la mort,
Tu veux ici mourir sans gloire :
ao.
m LA HARPE.
Pourquoi, Celui», pourquoi iepousies-tu le sort Qui t'avait promis I» victoire?
Hais lu voix d'un ami tourbe ton noble cour:
Le guerrier a saisi sou glaive ; A li ! prend» la harpe aussi, dis lu chaut du vainqueur
Avant que la Lune se lève. ■
Il célébra les preux! Ébui même encbanW
Un instant suspendit sa rage, Et sur ton char, Ar-Marff, noire divinité,
On ne vit plus gronder l'orage- !
XTGftîlS»
* La guïmile t'éveille et monte veis le* cieux, Et l'hermine fait tous l'ombrage.
Gutmify, hirondelle. L'hermine et la belette inspirent encore une terreur superstitieuse : lorsqu'un de ces animaux expire, la personne sur laquelle il jette son dernier regard mourra dans l'année.
On met du pain et du lait dans les endroits où ils passent ; lorsqu'ils ont goûté le pain de la maison ils n'en attaquent plus les volailles. L' hermine fait partie des armoiries de la Tille de Morlaix.
* Tu don, hélas 1 Àr-MarflY agite à ton côté, Ar-Marff , qui jamais ne pardonne.
Ar-Marff^ 1* mort.
5 Et sur ton char, Ar-Marff, noire divinité , On ne vit plus gronder l'orage.
Lorsque quelqu'un doit mourir, on entend un bruit sourd et prolongé; c'est celui du char de la mort, carrik-amamon; il s'arrête à la porte de la victime désignée et l'on
entend frapper trois coups : si elle meurt sans fermer les yeux, une autre personne de la maison la suivra bientôt. Dès qu'elle a rendu le dernier soupir, on renverse tous les vases remplis d'eau qui se trouvent dans le logis.
Une femme enceinte ne peut pas être marraine ; elle ou son enfant mourrait dans Tannée.
Uà Consolation.
L'amitié soutenait leurs cœurs , Et sous le sanglant météore La lyre leur disait encore Des chants consolateurs.
On ne combattait plus , ils chantaient l'espérance
Et les antiques souvenirs ; A ces nobles récits , oubliant la souffrance ,
La douleur avait ses plaisirs.
Le tems brise l'épée , il respecte la lyre ; Quand la lyre a vibré , l'avenir retentit :