IK.
- ml - m
- p=pr zi
ans, Res-tant au lo - gis de son pè - re ; Au bout de
trois ans ma - ri - é, Il a bien fal - lu dé - cam - per.
Je vas vous conter une histoire Qu’est arrivé’ v’ià pas longtemps :
C’est un garçon de dix-huit ans Restant au logis de son père ; (1)
Au bout de trois ans marié,
Il a bien fallu décamper.
Mais la campagne fut bien longue,
A bien duré dix ans et d’mi ;
A bien duré dix ans et d’mi,
Sans pouvoir écrire à nos femmes,
A bien duré dix ans et d’mi.
Sans pouvoir écrire au pays.
Tout après la campagn’ finie,
Il est bien temps d’nous en r’tourner, Il est bien temps d’nous en r’tourner, Pour aller retrouver nos femmes ;
Elles pleuraient soir et matin,
KH’ nous croyaient morts dans le Rhin.
En approchant de mon village,
En approchant de mon pays.
J’ai rencontré mes deux enfants Qu’étaient assis desur l’herbette.
J’ai rencontré mes deux enfants Qui gardaient là leurs moutons blancs.
CHANSONS ANECDOTIQUES
Je leur ai dit : Enfants fidèles,
Dit’-moi où est votre papa.
— Mon beau monsieur, nous l’savons pas ; A ç’que nous a dit notre mère,
V’ià bien dix ans qu’il est parti,
Sans nous avoir jamais écrit. (1)
Moi, je n’me suis pas fait connaître (2)
Je suis allé vers ma maison.
Oh ! de tant loin j’ai aperçu,
J'ai aperçu ma femm' chérie ;
Je l’ai reconnue aisément,
Je l’ai abordée poliment.
— Bien le bonjour, ma bonne dame, Pourriez-vous loger un soldat ?
Pourriez-vous loger un soldat
Qui ne connaît pas la campagne ?
Dans ces pays à l’écartée,
Moi, j’ai grand peur de m’égarer.
— Monsieur, je n’ioge ici personne (3) Que moi, mes deux petits enfants,
Que moi, mes deux petits enfants,
Vous voyez toute ma fortune.
Descendez donc un peu plus bas, Monsieur, on n’vous refus’ra pas.
J’ai bien connu à cett’ parole Que ma femm’ ne m’connaissait pas.
Je suis entré à la maison,
J’ai mis mon sac desur la table ;
Auprès d’ell’ je me suis assis :
— Belle, en voilà pour tout’ la nuit.
Variantes :
(1) Nous n’avons pas d’nouvell’ (le lui.
( Gabriel Aurousseau , Thianges , i831)
(*2) En descendant vers le village J’aperçois ma femme venir [bis)
— Lui dis : Bonjour, madame, Logerez-vous bien un passant,
Madam’ fhüless\ pour de Y argent ?
[Veuve Latliereau , St-Frcmchy , 1831),
Pourrez- vous loger un conscrit Qui ne connaît pas le pays ?
Je viens du pays étranger.
[Femme Mouloise , Grcnois, iS52).
(3) — Non, non, mon brave militaire, Je ne pourrai pas vous loger.
Je ne peux pas vous satisfaire.
Voilà, monsieur, tout mon vaillant,
( Phil . Gillot y Movtscnichc, ISA.).
SUJETS IMAGINAIRES OU ROMANESQUES
— Monsieur, pas tant de badinage (1) Ne vous moquez pas tant de moi,
Ne vous moquez pas tant de moi, J’appellerais mon voisinage,
Monsieur, si vous recommencez,
Mon voisinag’ j’appellerai.
— J’m’embarrass’ bien dton voisinage, Je ne crains rien dans cett’ maison, Je ne crains rien dans cett’ maison, Ici, tout est à mon service ;
Oui, tout, jusqu’à ton beau lit blanc, Nous passerons la nuit dedans.
— Ne te souviens-tu pas, la belle,
Du soir de nos noc’ arrivé ?
J’ai une marqu’ sur le piqd droit,
La belle, en as-tu connaissance ?
C’est une marque de raisin :
Ma bell’, la reconnais-tu bien k?
(Louis Dergery , Chasnay , 1809) .
A llegro non troppo.
ne chan-son nou vel - le. C’est
— fcr-1-
un gar - çon de dix-huit ans, C’est un gar-çon de dix-huit
ans, De - meu-rant chez son pè - re;
A - près trois
ÜI
ans
étr’ ma - ri
é, Il a bien
fal-lu dé - cam-
per, 11 a bien fal - lu dé-cam - per.
Variantes :
(1) — Ah ! finissez vos badinages ; Il vous faut changer de façon.
Ça n’irait plus très bien pour vous.
Dans ton blanc lit Nous allons bien passer la nuit.
(F. rianchardy Garchy , 18(>.),
Bell’, dans les bras, ma douce amie, Moi, je passerai bien la nuit.
— Ah ! dites-vous cela pour rire ?
Monsieur, cessez de badiner ; Monsieur, cessez de badiner Ou j’appell’rai mon voisinage Mon bel ami, dedans nos bras,
Vous vous trouv’rez dans l’embarras !
(Montsauche).
CHANSONS ANECDOT1QCES
Chantons une chanson nouvelle, C’est un garçon de dix-huit ans, C’est un garçon de dix huit ans, Demeurant chez son père ; Après' trois ans êtr’ marié,
11 a bien fallu décamper, (bis)
Mais la campagne est entreprise, A fallu traverser le Rhin,
A fallu traverser le Rhin,
Sans écrire à nos femmes.
Mais, la campagne est terminé’, Il a fallu nous rentourner. (bis)
En approchant de mon village,
J'ai rencontré deux p’tits enfants,
J’ai rencontré deux p’tits enfants, Gardant leurs brebinettes ;
Etant assis sur le gazon, [bis]
Ils gardaient là leurs blancs moutons
Je leur ai dit : — Enfants fidèles, Votre papa est-il ici ?
— Monsieur, en guerre il est parti, Soi-disant notre mère,
Depuis sept ans qu’il est parti,
Nous n’avons rien reçu de lui. (bis) Etc.
(Annette Paradis, Sainl-Gratien-Savigny , 1818).
La ^Fille-Matelot
Gaiment.
Chan-tons, pour pas - ser le
temps, Les
amours plai
sants d’u - ne jeu - ne fil - le; EU’ n’a - vait pas en - cor quinze
ans, Vou - lut voy -
a - vec son a -
niant.
Aus - si - tôt qu’eir vit son a - mant par - tir (<?), La bel - le quit-
. -fj—b -
i ^ n vr
— • mi
In:
ta les ha - bits de fil - le, EU* prit ce - lui d’un mat’ lot
S’eu fut s’pré-sen ter
sur
le bord du vais - seau.
(!) Voir l'air noté p. '219, i*r roi.
sujets imaginaires oc roManesqces
Chantons, pour passer le temps,
Les amours plaisants d'une jeune fille ; (1) KH’ n’avait pas encore quinze ans (2)
Voulut voyager avec son amant.
Aussitôt qu’eir vit son amant partir(e),
La belle quitta les habits de fille,
Elf prit celui d’un mat’lot (3)
S’en fut s’présenter sur le bord du vaisseau.
Le capitain’ fut charmé (4)
De voir engager un si beau jeune homme, Lui dit : — Charmant matelot,
Vous serez placé dedans mon vaisseau.
Vous serez placé dans les mariniers.
Ont mis les voiles au vent,
Les canons tiraient, on sonnait les cloches ; Ont mis les voiles au vent.
Les vaisseaux partaient tous au môme instant. La belle, sans peur, naviguait sur l’onde,
Sans demander que personn’ la seconde ; Mettant le sabre à la main,
Faisant son devoir tout comme un vrai marin (5)
Son amant lui dit une fois :
— Vous me surprenez par vot' ressemblance. Lui dit : Vous me surprenez,
Car vous ressemblez ma charmant’ beauté.
Oui, par vos beaux yeux, votre belle taille (6) Et vos cheveux blonds, votre blanc visage, Vraiment vous me rappelez,
Vous me fait’ penser à ma cher’ bien-aimée.
Variantes :
(1) ... d’une jolie blonde.
(Rose Mirault , Nevers , fS4.).
(2) Etant délaissée d’son amant,
S’en fut le rejoindre
Au port de Lorient.
( Pierre Bernard , Prémery , 183.).
(3) Sitôt que la belle eut entendu dire Que son cher amant était pour partir(e), S'habilla en beau matelot.
(Fr. Planchard , Garchy , 1862).
EU’ s'habille en vrai marinier,
Va se présenter au port de Calais.
(Jean Roux , Mou tiers , 18..)
(4) L* mari nier la regardait
Plus de mille fois sans la reconnaître.
( Garchy )
(5) Faisant la manœuvre...
(Moutiers).
(6) Par votre doux langage,
Votre bien parler, votre blanc visage...
(Moutiers).
Vos beaux yeux, votre belle face Et vos cheveux blonds, votre doux lan-
[gage...
(Garchy)
CHANSONS AN EC D OTI Q U ES
— Monsieur, quand vous me parlez,
Vous me badinez, vous me faites rire ;
Je n'ai ni amis ni parents,
Je m’suis embarqué au port de Lorient. (1)
Oui, je vous le dis, je suis fils unique,
Né dans le pays de la Martinique,
Embarqué sur un hollandais (2)
Qui m’a débarqué au port de Calais.
La belle est resté six ans (3)
Dans ce bâtiment sans se l’air’ connaître.
Ce vint au débarquement,
EU’ se lit connaître à son cher amant.
— Ah ! puisqu’icr l’amour nous rassemble,
11 faudra bien nous rharier ensemble.
L’argent qu’nous avons gagné, (4)
Il nous servira pour nous marier.
(Jacques Champeroux , Sain t-A ubin -les- Forges, 1818).
La Belle qui tire au sort
rer au sort pour lui.
Variantes :
(1) Je m’suis éloigné du port do Lorient. (Veuve Bonyars, Bommartin , iHll).
(2) Et c’est un vaisseau anglais.
(Prèmery).
(3) .. sept ans.
( Nevers , Prémer y ).
... deux ans.
(Boni martin ).
La belle est restée deux ans
Sans se fuir’ connaîtr’ qu’au débarque-
[ment.
( Garchy )
(4) L’argent qu’nous avons gagné
Il nous servira pour nous mettre en mé- L’argent, etc. [nage.
(Garchy)
SUJETS IMAGINAIRES OU ROMANESQUES
Chantons la générosité D’un’ jeune fille à marier.
Elle a retiré son amant De la milice, y a pas longtemps.
Ça lui ferait un grand plaisir D’aller tirer au sort pour lui.
Quand(e) la bell’ fut habillée, |
EU’ s’est mise au rang pour tirer. ) ^ Elle amène un numéro blanc,
EU’ sort de la chambre en dansant :
— Va, mon amant, tu ne crains rien, Tu ne seras pas milicien.
La bell’ s’en va vers son amant : ) ^ .
- Mais levez -vous, car il est temps ) Jls' Donnez-moi vos habillements Que je m’en aill’ mettr’ sur les rangs. Ne vous mettez pas en courroux, J’m’en vais tirer au sort pour vous.
Le colonel veut s’informer j Ce que la belle avait tiré : j
— J’ai tiré blanc, j’ai tiré noir, Que cela vous reste à savoir.
Vivent les fili’ de mon pays Qui tir’ au sort pour leurs amis !
bis.
(Catherine Bourdier, femme Simonet , Fougues , 1841)..
96 GUERRE ET GARNISON
GUERRE ET GARNISON
Cette catégorie comprend des aventures de garnison plutôt que des faits de guerre , une série de scènes où le premier rôle est tenu par des filles qui s'engagent pour accompagner , retrouver ou punir leur amant Elle débute par deux pièces ( dont Vune curieusement dialoguèe ), qui rappelle les exactions des soldats en campagne; elle se terminera par quelques chansons tragiques de réfractaires , de déserteurs ou d’indisciplinés. Je n’y insère pas les chansons des Conscrits, elles trouveront place dans le chapitre des chants de circonstances , usages , fêtes, etc .
Récits le plus souvent fades et vulgaires : nous sommes loin de nos belles complaintes.
Les Soldats chez le Paysan