‹ Chants & chansons populairesChapitre 52 sur 88 · DÉGUISÉ EN NONNETTE OU N A N N ETTE · texte numérisé non relu

DÉGUISÉ EN NONNETTE OU N A N N ETTE

Allegro tleciso e ruslico.

C’é-lait un gar-çon bon - lan - ger, Fai - sait l’a-

mour

- t=-jy__l

à u - ne

iie.'- i

bru

ne.

Il lui a

dit plus de cent fois: Belle, ai - me - moi; belle, ai - me - m<5i!

h — bzzhzzfad

Je le don -

ne - rai ma coin -

lu

d’or, ma gar - ni - tu - rc.

Mon an - neau

C’était un garçon boulanger, (1) j

Faisait l’amour à une brune )

II lui a dit plus de cent fois :

Belle, aime-moi ; belle, aime-moi !

Je te donnerai ma ceinture,

Mon anneau d’or, ma garniture.

(1) Pour un beau jour mi promenant J'ai fait rançon Ir* de ma maîtresse.

.le lui ai dit plus de cent lois.

(Clamecy).

C’était un garçon charpentier } menuisier I marinier \ divers — jardinier I

C’était un p’tit gas voiturier J

..à une Monde.

Variante :

.le te donnerai pour gageure Mon anneau d’or et ma ceinture.

(La Charité)

Belle, aime-moi, je l'en conjure.

(*) La plupart des chanteurs disent « Nanncllc » ; quelques autres « Nonnctte ». Il me yr trait évident que le galant s'est déguisé en petite nonne. Le mot a peu à peu perdu son sens dans nos campagnes ; il y est presque inconnu aujourd'hui. Les chanteurs l'ont légèrement altéré en faisant de » la Nannelte » le type de la fille paysanne , comme on dit plus ordinairement « la Marie». Du reste la prononciation nivernaise est ta même pour les (leux mots: « Non-nette ». — Démarquez qu'une version dit « fillette ».

CHANSONS A N KC. DOT 1QCES

J’ai cent écus dans mon gousset, (1) ) Belle, prends-les, je te les donne. \

— Tes cent écus n’y feront rien,

Car mon honneur c’est tout mon bien.

— Ali ! je l’aurai sans qu’il m’en coûte.

— Mon beau monsieur, j’en suis en doute.

Le beau galant s’en va chez lui, (2) |

11 s’est habillé en Nonnettc. \ ,,s

Oui, en Nonnett’ s’est habillé,

Chez main’ l’hôtess’ s’en est allé :

— Bien le bonjour, madam’ l’hôtesse, Pourrez-vous bien loger Nonnette ?

— Entrez, belle Nonnette, entrez, ) Vous souperez avec les autres. (3) )

Quand la Nonnette fut entrée,

Ne voulait ni bpir’ ni manger.

Fermait les yeux, baissait la tète,

Avait grand’ peur qu’on la r’connaisse.

bis .

— Soupez, bell’ Nonnette, soupez, ( ^

Vous coucherez avec ma tille. \

— Hélas ! madam’, c’est pour le mieux, (4) Nous pouvons bien coucher tout' deux.

Voilà le temps de la froidure,

Nous doublerons la couverture.

Variantes :

(1) Dans ma boursett’ j’ai cent écus

(Saint-Sulpice).

J’ai cent écus dedans ma poche, Bell', si lu veux, je te les donne.

( Saint-Franchy ).

Tes cent écus ne m* sont de rien.

(Ar bourse).

(2) Voilà ce garçon marinier Il s’est habillé en lillelto.

(. La Charité ;.

Quand le galant a vu cela,

• B s’est habillé en Nannette,

Prend ses habits dessous son bras, De chez la belle il s'en y va.

{Saint-Sulpice) .

B prend son panier dans son bras.

(Montigny).

(3) Vous souperez comment les autres.

( A rbourse).

Quand la Nonnett’ fut pour souper,

Ne voulait ni manger ni boire.

FIT se disait si fatiguée

Qu’elle aimait mieux s’aller coucher.

(A rbourse, Montigny ).

(i) Quand on est deux, ça vaut bien mieux. Voici l‘hiver et la froidure II faut doubler...

(i Clamecy ).

II faudrait trop de linge à deux.

Madam’ vous avez bien raison,

Ça vaut bien mieux pour la saison.

Faudra pas tant de couverture..^

(Saint-Franchy).

Quand ça vintTheure du coucher, ) ^ .

La Nonnett’ veut point' de chandelle.(l) ) Jls

— Moi, j’suis bien fille accoutumée Daller me coucher sans clarté.

Toutes filles qui sont pucelles,

Eli’ n’ont pas besoin de chandelle.

Quand ça fut en sus les minuit, | Voilà la belT qui se réveille. { 0l*>

— Quelle Nonnette y êtes-vous?

On n’peut dormir auprès de vous,

Vous n’étes pas un’ bonn’ Nonnette,

Vous ne parlez que d'amourettes.

— Je suis ce garçon boulanger (2) Qui vous a tant aimé, la belle.

Je vous l’avais toujours bien dit Que j’vous aurais à mon loisir.

Mais à présent qu’on est en place, Permettez-moi que j’vous embrasse.

bis.

Quand fut venu le matin-jour, 1

Le garçon boulanger se lève, )

Prend ses habits dessous son bras : (3) — Adieu, madarn’, moi, je m’en vas. Votre fille n’est plus pucelle,

J’ai passé la nuit avec elle.

bis .

(Louise GranJjean , veuve Bussy. Saint-Ouen , 1822).

Variantes :

(1) L’hôtesse alluma la chandelle.

(A r bourse).

(2 Une nannette je suis pas,

Mais votre amant le plus fidèle.

( Monliyny )

(3)Trend son chapeau dessous son bras.

(. Arbourse ).

Mettez votre fille eu ménage,

Elle a perdu son cœur volage.

( Montigny ).

Ces variantes sont (te :

Fiacre Morlot , Clamée y, / SOI) ; Eugénie Perroy , La Charité , 1806 ; Philibert Ber t hier, Saint-Sulpice , 1807 ; Jeanne Renaud , veuve Luthereau , Saint -Franchy , 1837 ; Marie Musset , femme Petit , Arbourse , 1827 ; veuve Bauchcr, Montigny aux- A rnognes, 1 840.

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