‹ Chants civils et religieuxChapitre 12 sur 25 · AU FROMENT · texte numérisé non relu

AU FROMENT

Et comme il se fatigue à vivre pauvrement ,

Épargne-nous toujours ce sombre événement !

Préserve nos cités, énormes habitacles,

Du retour désolant de semblables spectacles,

Et sans cesse pourvois par de nouveaux bienfaits

A ce que le froment ne nous manque jamais.

Fais-le croître au sommet des monts les plus arides ,

Dans le creux des vallons , dans les plaines humides ,

Dans les îles , partout : de ta puissante main

Épands à larges flots le magnifique grain ;

Comme un riche semeur jette-le sans mesure,

Sans crainte que son jet épuise la nature,

Et que le globe entier se plaigne en ses élans

De voir trop d'épis d'or lui hérisser les flancs :

lu

Car il en faut , hélas! à tant d'être» au merde. Il en faut au pasteur de la terre féconde, Au commerçant avide, au maria vagabond , Au penseur isolé qui travaille du front , Au valeureux solda* qpi défend la patrie, Au prêtre infirme et vieux qui confesse et qui prie , Aux enfants de la veuve , à l'indigent manchot , Et même au mallaiteur au fond de son eacbot.

Tous les hommes ont droit à la terrestre man&e, Tous, quel que soit le rang où le sort les e#B£amge Leur labeur élevé , leur rôle infime et ba>, Et leur sombre destin roulé jusqu'au trépas , Tous ont un droit égal aux champs de la nature, A leur morceau de pain, tëur part de nourriture;

Page 1