‹ Chants civils et religieuxChapitre 19 sur 25 · HYMNE A LA CHARITE · texte numérisé non relu

HYMNE A LA CHARITE

Chère Aile du Christ, aimante Charité, O toi, qu'en retournant à la divinité Le doux Galiléen laissa sur cette terre Afin de réparer le grand mal du calvaire !

Ne t'épouvante pas de la rigueur des temps, Des mots injurieux, des rires insultants Que tu rencontreras sur bien des lèvres viles ; Habite parmi nous, dans nos champs, dans nos villes, Fais retentir ta voix et découvre à nos yeux L'éclat modeste et doux de ton front gracieux. Nous avons tant besoin pour nos corps et nos âmes De tes baumes exguis et de tes purs dictâmes ! Hélas ! plus que jamais orgueil et volupté, Infectant tous les rangs de la société, Jettent sur le pavé de nos pkoes publiques Des flots de mendiants et d'ardents faméliques» Plus que jamais le dur égoïsme, des eœurs Eteint les purs élans et glace les ardeurs.

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Plus que jamais on toit Je puMfcsm avare

Dans s* morgue ûisotente et sa comte barfeate,

Passer insoucieux et sans tartre la main

Au pauvre enfeat tout nu qui meurt sur son chemin.

Plus que jamais, aussi, l'envie injuste et vaine

Chez le peuple excitant les serpents 4e la haine,

Décharge sa colère an front de l'innocent,

Et fait avec douleur couler son noble sang,

sœur de l'Espérance, ô vertu surhumaine,

Des chrétiennes vertus ô toi la plus chrétienne,

Charité, Charité, femme au rouge manteau,

Redouble de pitié pour l'immense troupeau

Qui chemine en ce monde à travers tant d'alarmes !

Songe à toute douleur, n'oublie aucunes larmes,

Quel que soit le visage et quels que soient lés lieux, Passe indifféremment ta main sur tous les yeux, Sur le seuil des palais comme au fond des chaumières Répète incessamment aux hommes qu'ils sont frères, Qu'ils sont tous ici-bas faits pour se secourir, Et non pour s'opprimer, et non pour se haïr.

Enfin dans tous les coeurs verse tes pures flammes A. grands flots, et surtout fais que les tendres âmes Qui se pénétreront de tes douces chaleurs, Dispensent humblement leurs aimables faveurs.- Ton père, tu le sais, eut une âme discrète; Il ne s'en allait point sonnant de la trompette, Et tirant par le monde éclat et vanité Des heureux qu'il faisait : mais sa sainte bonté

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