‹ Chants civils et religieuxChapitre 9 sur 25 · A LA. VIGNE · texte numérisé non relu

A LA. VIGNE

Du signe de la Vierge éloigne ses rayons , Quand septembre moins chaud commence sa carrière, Partout où pend la vigne en sublimes festons , Un spectacle charmant se découvre à la terre.

Au sein des champs, au flanc des monts, Comme un essaim doré de bruyantes abeilles, Se répandent à flots de joyeux compagnons ;

Et du pied de toutes lestreilles , Bu fronton verdoyant de toutes les maisons , S'élèvent jusqu'au ciel des milliers de chansons. Tandis qu'au haut des ceps les jeunes gens folâtres

Font pleuvoir les raisins bleuâtres , Les filles au-dessous tendent leurs tabliers , Ou pliant sous le poids des forts et lourds paniers

Remontent de la plaine en joyeuse phalange,

Et vont répandre la vendange Dans le flanc odorant deà énormes caviers.

Là, les bruns vignerons, dans leur enceinte immense, En chemise , et les bras appuyés sur les reins , Comme de gais danseurs s'agitent en cadence , Et sous leurs pieds sanglante font crier les raisins. Les enfants autoûrd'eûx , troupe vive et hardie , Désireux de toucher , avides de tout voir , Se haussent pour atteindre an sommet du pressoir Et les foulectfs riant de leur douce forie, Leur barbouillent le front avec un peu de lie. On jase , on chante , on rit , les airs sont enivrés : De la cuve le vin jaillit à flots dorés ,

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Et c^acu» 4P prendre WW coupe ; Mais avant de goûter le nectar prépieux , Le père du hameau , le pbjs rieu* de la tpoupe , S'écrie eu élevaut son yen$ dans J$s ciejix : Bénissons Dieu , mes fils ; à lui La goutte jnèjre ! Car c'est lui s&ul , e nfanjs , qui féconde la terre , Et qui verse aux mortels , avec les flots du vin, La santé vigoureuse et l'oubli du chagrin.

Non , tu n'as rien perdu de ton empire , Vigne généreuse à l'éclat séducteur , Toujours avec élan , toujours avec ardejir, Après ton fruit divin le genre humain soupire !

Toujours à ton aspect l'enfant et le vieillard Sentent d'un feu plus vif rayonner leur regard ;

Le cœur de la veuve plaintive Chante , et son œil s'emplit d'une larme furtive. Toujours à ton aspect le poète engourdi Voit s'éveiller en lui la verve sommeillante , Et parvient , au doux feu de la grappe brillante, A ranimer l'essor de son rhythme hardi.

Toujours un peu de ta liqueur vermeille Inspire du courage au guerrier de la veille , Et , sur le pont brumeux du navire mouvant ,

Réchauffe le cœur et la tête Du pauvre matelot battu par la tempête ,

Et tout glacé par la pluie et le vent.

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