NS ME
APPLIED IMAGE Inc
1653 East Main Street Rochester, New York 14609 USA
(716) 482 - 0300 - Phone (716) 288 - 5989 - Fax
De placer un seul mot même pour refuser.
Jugez de ma stupeur j'étais sans connaissance, Ne me rappelant plus ce qu’il venait d’oser.
Mais la réflexion me vint : si je refuse
C'est crier au public tout mon ressentiment,
Un dépit amoureux ne peut être une excuse ;
Je dois m’exécuter en brave et carrément.
Aussi le lendemain j'étais à la minute, Emportant sous mon bras le contrat préparé.
J'avais la mort dans l'âme, et l’amour-propre en lutte Criait des mots de rage à mon cœur torturé.
11 fallait cependant faire très bonne mine ;
Aux yeux braqués sur moi cacher mon embarras.
Au lieu de me montrer grave comme un flamine, Je parus souriant, mes papiers sous le bras.
Tout le monde était là. Le futur, la future
Et toux les invités me donnèrent la main,
Et chacun d'eux ayant posé sa signature, J’ajoutai mon paraphe au léger parchemin.
Le document signé ma tâche étant finie,
Il ne me restait plus maintenant qu'à partir. J'allais donc saluer toute la compagnie
Pour finir au plus tôt mon rôle de martyr,
Quand Jacques (j'oubliais de dire qu'il se nomme
Ainsi) me dit tout haut ‘ Ami, ce n’est pas tout, A remplir ton mandat tout le monde te somme
Et tu dois te montrer notaire jusqu'au bout
Il est, tu le sais bien, une ancienne couture
Qui veut que le notaire ait le premier baiser : C’est un doux privilège auquel il s’accoutrime Assez facilement. vas-tu donc refuser ? ’’
J'étais là bouche bée, en butte à la satire,
aires rome
Sachant tous les regards comme rivés sur moi,
Quand pour mettre le comble à ce si long martyre, La future s’avance et mignonne, ma foi,
Belle à me rendre fou dans sa fraîche toilette,
Elle me tend s « ; en me disant tout bas :
‘“ Sans rancune, monsieur,’ et sa main rondelette Au contact de la mienne, hélas ! ne tremblait pas. Ce baiser depuis lors est comme une morsure
Qui me brûle la lèvre ; aussi de cet affront
Je porterai toujours l’immortelle blessure.
Mais j'ai tort de parler. Après tout que vous font
Les tourments endurés par un humble notaire...
Et je songe trop tard que j'aurais dû me taire.
SALUT À S.::RBROOKE
Poème lu au stadium de cette ville le 27 juin 1908
Sr les bords enchanteurs du St-François se dresse
La reine des Cantons, la bruyante cité,
Et dans ces jours bénis la foule qui s’y presse
Salue avec transport son hospitalité.
ent
Ici le dualisme a créé des merveilles ; Aussi Sherbrooke, né de ce commun effort, A surgi comme exemple à des cités plus vieilles
Qui, fières du passé, n'ont point son large essor.
Descendants vigouieux de deux puissantes races Dont la cordiale entente a comblé tous les vœux, Vous suivez sur ces bords leurs immortelles traces,
Et les fils d’aujourd’hui sort dignes des aïeux.
Pour les œuvres de paix vous travaillez ensemble, Jouissant sans orgueil des travaux accomplis, Sans chercher quel drapeau sous ce toit vous rassemble
Et queile est la couleur qu’il cache dans ses plis.
Nobles fils d’Albion, rejetons dela France, Qui rêvez pour la ville un brillant avenir, Vous portez dans vos cœurs une même espérance
Sans partager jamais le même souvenir.
Car vous avez com s qu'aux champs de l'Amérique
Vous êtes appelé: des destins nouveaux ; Ce n’est plus aujourd'hui cette lutte homérique
Teignant d'un noble sang les étendards rivaux.
Non, ce n’est plus le temps du sabre et de l'épée, Non, ce n’est plus la haine et ce n’est plus la mort. Puisque deux races vont, pacifique épopée,
En mêlant leurs drapeaux mêler aussi leur sort.
En visitant hier vos puissantes usines, Etonnés, l’on s’est dit, sans en être jaloux : ‘ C'est, bien là le champ clos où deux races voisines,
Emules de la paix, se donnent rendez-vous.
Que tu sois à l’usine ou que tu sois au temple, Oui, l'étranger t’admire, Ô vaillante cité ; À tous les bourgs voisins tu sais donner l'exemple
Et par ta tolérance et ton activité.
Hélas ! Arthabaska n'est pas aussi pratique ; Poètes, orateurs, peintres, musiciens, Valent moins pour créer la fortune publique
Que tes ingénieurs et tes mécaniciens.
Pourtant tu sais encore aux jours de grande fête Un instant faire trève au travail journalier, Car elle peut encore écouter le poète
L'oreille accoutumée au bruit de l'atelier.
Aussi dans ce beau jour où la même pensée Fait battre tous les cœurs, exalte les cerveaux, O qu'il fait bon de voir cette foule empressée
Pour fêter le passé suspendre ses travaux.
O qu'il fait bon de voir ces fils de nobles races Cheminer cœur à cœur et la main dans la main, Viser le même but, avoir mêmes audaces
Et songer tous les deux au même lendemain.
Ne te désoles pas de n'avoir pas l'histoire, Ni grands noms à jeter à notre souvenir.
Ton présent n'est-il pas un présage de gloire
Qui nous fait entrevoir un brillant avenir ?
Au nom d’Arthabaska dont je suis l’interprite, Au nom de tous ceux-là qui t'admirent chez nous, Au nom de ceux encor qui pour te faire fête
Par milliers sont venus à ce gai rendez-vous,
Je viens, moi, l’humble barde, oublieux de la prose,
T'offrir avec émoi ces vers, si tu les veux, Et, frêle note au sein de cette apothéose,
Te crier nos bravos et t'apporter nos vœux.
24 juin 1908.