RME
Le Méfait d'une Souris
ONTRE un client j'avais un billet en souffrance, à D'’en toucher le montant je perdais l'espérance, Cur quelques jours encore il devenait prescrit.
En songeant à l’affaire il me vint à l'esprit Que pour réduire enfin une tête aussi dure Je devais recourir à quelque procédure...
Donc je le poursuivis, mais le drôle plaida
(Trouvez-moi son pareil dans tout le Canada,)
L' plaida pour gagner du temps, le misérable, Comptant sur le nasard souvent trop secourable Et non point sur son droit, car il savait fort bien Que je ne réclamais qu’un légitime bien,
Que j'avais son billet bien serré dans ma voûte, Et sans étre ignorant de tout cela sans doute De terme en terme il sut reculer le moment Qu'il appréhendait tant, le jour du jugement. Or lorsque vint le temps propice pour produire Ce billet qui devait à quia le réduire
Et par le tribunal le faire condamner,
Dérision du sort à me faire dr mner,
Jugez, à mes amis, de me découfiture,
Une souris avait rongé la signature ;
Il n'en restait plus rien qu’un y grec mutilé.
Il fut produit quand même et l'avocat troublé Essaya vainement à le rendre authentique Et plaida de son mieux, mais le juge sceptique Fit semblant d'ignorer ses gestes attendris,
Et riant du méfait de la pauvre souris,
Sans aucune pitié me fit perdre ma cause.
Faute de signature, et j'étais là tout chose,
Surpris qu'une souris se mélât au procès.
Oui, l’ingrate oubliant que je la nourrissais,
Se fit du débiteur l’amie et la complice.
Ce méfait sans pareil mérite le supplice
Et la peine de mort. Oui, je veux me venger,
Je veux prendre un mandat d'arrêt. Je veux charger Mon chat qui se fait vieux de faire mieux la garde, De fouiller le grenier, la cuve et la mansarde
Et, nouveau justicier, qu’il la guette si bien
Qu'il la prenne, la mange et qu’il n’en reste rien.
RER Re