‹ Chants du soir [microforme]Chapitre 29 sur 34 · LES AMOUREUX · texte numérisé non relu

LES AMOUREUX

| be faisaient des projets, parlaient de mariage ;

Le bonheur et l'amour seraient dans leur ménage

Hôtes plus assidus que le sont les oiseaux

Pour leur nid sur la branche ou parmi les roseaux. Ils auraient tant de goût pour orner leur retraite ! De beaux rideaux flottant à l’alcôve discrète,

Des meubles en damas, des tapis précieux

Où le pas le plus lourd marche silencieux,

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Des serins babillards dans leurs cages dorées Roucoulant tout le jour, de belles fleurs pourprées Au parfum le plus doux ; dehors un frais gazon Et des sapins touffus pour couper l'horizon, Car l'univers pour eux serait ce coin de terre Où seuls avec l’amour, dans l'ombre et le mystère Ils fileraient des jours de soie et d’or tressés O rêves d’amoureux si longtemps caressés !

Tout près de la maison serpenterait, dans l'herbe Un murmurant ruisseau puis un étang superbe, Couché nonchalamment, recevrait sur ses eaux La coque de l’esquif et l’aîle des 0 iseaux.

Dans les bosquets voisins aux épaisses ramures Ils iraient en révant écouter les murmures, Les bruits mystérieux, les mille et mille voix

Qui semblent, chaque soir, venir du fond des bois.

Au tomber de la nuit l’alcôve retirée

Recevrait les époux dans son ombre sacrée

Et le soleil viendrait dans un rêve amoureux Prolonger leur bonheur et ces moments heureux. Plus tard encore, autour d’un bon feu qui pétille Grandiraient des enfants, gaité de la famille,

Et dans leurs traits chéris ils se verraient tous deux. Voilà ce que disaient souvent les amoureux, Lorsque sur le chemin désert, couple fdèle,

Ils s’en allaient révant d’une époque si belle,

Parfois sur cette route ils croisaientun vieillard

Qu'ils saluaient du geste et d’un tendre regard.

Et ce vieux, sans ami, sans or et sans famille, Ayant le ciel pour toit et pour lit la charmille, Etait jaloux de voir dans ce couple charmant

Reluire le bonheur comme le diamènt.

Lue par l’auteur lors de l'inauguration de son monument e" carré St-Louis, à Montréal

E long des rives du grand fleuve Le glas des morts s’est promené.

La patrie en deuil était veuve De son poète infortuné.

Partout où résonnait sa lyre,

oo oo

Au souvenir de son martyre Plus d’une larme avait coulé.

Et du toit de l’humble chaumière ' Montait une ardente prière

Pour le repos de l’exilé.

Tu fus le chantre de nos gloires, © barde aimé des jours anciens Où sous le poids de leurs victoires Tombaient les héros canadiens.

Aimant notre terre bénie,

Tu consacrais tout ton génie,

A la célébrer dans tes vers,

Et tes accents patriotiques, Ressuscitant les preux antiques, Les révèlaient à l'univers,

Du champ labouré par les balles Tu chantas le sanglant sillon,

Et dans les luttes colossales

Le fier drapeau de Carillon.

Ta mn:3 aux ailes intrépides Dédaignant les bruits insipides Dont ton grand vol était lassé Cherchaiït dans un rêve sublime, Esprit planant sur un abime,

Les grandes rumeurs du passé.

Pour célébrer notre épopée,

O maître, tu fus sans rival.

Saluant la croix et l'épée

Tu chantas Montcam et Laval, Saints martyrs de la colonie Héros, frères de ton génie Défilent graves sous tes yeux ; Tout ce que le passé recèle De faits sublimes se révèle

À ton regard audacieux,

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