RIRE RAR TRES
Le Nouveau Collège d’Arthabaska
Poème lu lors de l'inauguration, le 29 août 1906
| % jour j'avais rêvé qu’au pied du Mont Christo 11 surgirait plus tard une noble demeure ; Quelle forme aurait-elle ? Un collège? Un château ?
Un asile où l’on prie ? Un hospice où l’on pleure ?
Ce rêve fantaisiste, à peine dessiné, Voilà qu’il a pris corps et qu’il se réalise, Et je vais promenant mon regard étonné
Du clocher du collège au clocher de l’église.
Ce «locher tout luisant est, je crois, très discret ;
Nul carillon n’y sonne et seul l'oiseau s’y loge, Et le merle pilla-d et le chardonneret
De leur nouvel abn :hantent en chœur l'éloge.
Ils croient, les chers petite, que c’est exprès pour eux Que l’homme a préparé ce nid si confortable Qui les met à l’abri des pas aventareux,
Les soustrait au regard de l’enfant redoutable.
Mais au premier réveil de le cloche d’airain
Vous verrez ces oiseaux, aux nids pourtant fidèles, Dirigeant leur ussor vers le grand ciel serein, î
Laisser la campanile et fuir à tire d’ailes. \
La flèche du clocher est svelte mais vrairaent
La croix ne semble point fran*hement catholique ;
Le cercle qui l'étreint accidentellement
A, je le dis tout bas, presque un air hérétique.
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Mais un jour une main charitable viendra,
ë Par le remords poussée, enlever cet insigne, Ê Et la croix soulagée à l'instant paraîtra 4 S’élancer vers le ciel, plus alerte et plus digne. FI Mais à part ce défaut l'édifice est parfait ; è On y trouve partout de l'air, de la lumière, 4 Ensemble de bien être et de calme qui fait . À Qu'on sort de là le cœur plus fort, l’âme plus fière. | | Sans jamais espérer, un jour étre à l'honneur,
On vous voit toujours prêts au travail, à la peine,
Quelque soit le fardeau, vous le portez sans peur,
Le cœur toujours joyeux, l'âme toujours sereine,
Dès le premier appel merci d’être venus
A l'heure où nous étions plongés dans la détresse :
Et des nôtres de suite on Vous a reconnus
Car vous êtes chez vous où pousse la jeunesse,
Et dans cette maison, nouvelle Alma-Mater, Qui nous ouvre aujourd’hui ses portes toutes grandes, Demain nous entendrons la voix du magister
Mesurée à l’éloge et douce aux réprimandes.
Lorsqu’aujourd’hui, le doute envahit les esprits, Infusez dans les cœurs un souffle d'espérance Et faites que malgré la haïne et le mépris
Se conserve chez nous le doux parler de France.
| On y trouve surtout de grands éducateurs :
| Des hommes de devoir, amis de la jeunesse
Qui toujours, défaisant l’œuvre des faux rhéteurs,
Travaillent sans repos, sans regret, sans faiblesse.
Aussi parmi nous tous soyez les bienvenus,
O dignes successeurs du grand Saint de la Salle,
Apôtres dont l’ardeur vous a tous soutenus
Et dont l’ombre aujourd’hui plune sur cette salle,
RE
«À Soyez les bienvenus pour la tâche à remplir, € à Soyez les bienvenus pour tout le bien à faire ; Ce qu’on attend de vous, vous saurez l’accomplir
Et toujours faire grand dans votre étroite sphère.
4 L'œuvre que vous allez continuer ici
Est une œuvre de foi, d'amour et d'espérance,
Faire des hommes c’est votre unique souci ;
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Puissiez-vor- réussir comme dans l’autre France.
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