SYSTÈME GRAPHIQUE D ÉCRITURE OU PATOIS
Nous avons adopté pour l’écriture de nos Chansons patoises de Savoie le système graphique imaginé par MM. Constantin et Désormaux et dans lequel ils ont composé leur Dictionnaire du Patois savoyard.
Les conventions en sont très simples et permettent de reproduire toutes les nuances de prononciation de notre patois.
Les principes essentielsjque nous donnons ci-après, tels qu’ils sont formulés dans la Flore populaire de Savoie 1 , permettront au lecteur de suivre notre dialecte sans trop de difficulté.
i* Toutes les lettres se prononcent, on supprime conséquemment toutes lettres inutiles. On écrira donc: On ta (un tas), on pa (un pas).
2* Après la lettre q on supprime Vu devant é et i: Ex. boqë (bouquet), pâqi (pâturages).
3° Devant les’ consonnes b et p on remplacer??! par n. Ex. anbre^ella (myrtille), ranpâre , ranpô (buis).
4° Les sons inconnus en français sont figurés par des combinaisons de lettres et de signes inusités dans cette langue. Ainsi le th dur anglais est représenté par çh (avec cédille sous le c) et le th doux par jh. Ex. çhin, çha , çhapé (chien, chat, chapeau), jhône , sajho (jaune, sage). Dans certaines vallées, notamment dans celles de Beaufort, de l’Arly et de la haute Isère, le j et le g sont généralement remplacés par ^d et le çh par st. Ex. $dôno, (jaune), stin, slapé (chien, chapeau).
5° Le patois a trois voyelles finales extrêmement brèves, à, ë, ô ; on les marque du signe des brèves. Ex. parë, niarë, patâ , omô, (père, mère, patte, homme).
6° Ve muet, Vé fermé et l’è ouvert restent ce qu’ils sont en français.
7° Outre ces*trois sortes d’é, le patois en possède deux autres qui n’ont pas d’analogues en français. L’un est un é demi-sourd, intermédiaire entre \'e muet et l’è ouvert ; on l’écrit surmonté d'un tréma. Ex. fënâ (femme). L’autre est un ê beaucoup plus ouvert qu’en français; il se prononce ey comme dans Rey. Ex. pê, drè, lardêrà (pois et poil, droit, mésange).
8° Ve sans accent reste muet, même s’il est suivi de deux consonnes. Ex. restâ (rester) se prononce re-stâ. On doit conséquemment donner à cette voyelle l’accent qu’elle a dans la prononciation. Ex. léstô (leste).
9° Vi surmonté du signe des brèves et placé après les consonnes / et n, sert à marquer que ces consonnes sont mouillées. Ex. pâlie (paille).
io° Les voyelles nasales conservent leur son nasal, même lorsqu’elles sont suivies d’un n. Ex. fon tanna, peïsannâ (fontaine, paysanne) qu’on prononce fontan-na , pétsan-nâ .
i i° Le double v se prononce ou sur lequel la voix passe rapidement. Ex. wê, ivâ (oui), wépà (guêpe), cwèsse (cuisse), cawâ (queue), bwc (bois). On l’emploie fréquemment en patois.
12° Le P h (avec l’apostrophe après le c) est l’équivalent du ch dur allemand ; il représente un son propre à certaines communes des cantons de Samoëns, du Biot et d’Aime : Ex. chë (ici), chi (six), chisâ (haie).
i. Constantin et Gave : Flore populaire de la Savoie , Annecy, Abry, 1908.
Vieilles Cl?aiisoi?s Savoyardes
Première Série