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« Nos chansons populaires, dit M. Gaston Paris 1 , ne sont pas des œuvres impersonnelles et n'appartiennent pas aux basses classes proprement dites et aux paysans ; ceux-ci les ont conservées et non créées. »
Les unes sont encore reconnaissables et à peine démarquées ; les autres — et c'est le plus grand nombre — ont été modifiées et adaptées aux circonstances; en général elles sont simplifiées. On chante en veillée dans la vallée d’Abondance 1 Air du Meunier , d’Hérold 2. La mélodie en est assez bien conservée, mais son rythme a subi une transformation capitale : le passage en du tic-tac du moulin s'est modifié en mouvement de valse, moins vrai, mais plus facile à saisir.
Nous surprenons ici sur le fait l’altération que le peuple a dû faire subir aux œuvres savantes, altération qu’il a marquée de ses tendances et par lesquelles il a adapté les œuvres choisies à leur milieu nouveau. L’examen d’un sujet à nombreuses versions 3 décèle clairement la grande part qu’il a prise dans la formation de son répertoire. Il a parfois tellement introduit de changements dans une œuvre qu il 1 a faite sienne. En tait d’art, la création n’est souvent qu’une adaptation de choses déjà existantes à des conceptions particulières.
« Le peuple qui chante fait œuvre de poète sans le savoir, et il travaille inconsciemment à une rédaction perpétuelle de ses chants. »
Parmi les changements apportés, il en est qui proviennent d’une transmission défectueuse ; autrefois très peu de paysans savaient lire et écrire ; et les chansons confiées à la mémoire se communiquaient de vive voix ; d'où de nombreuses défaillances auxquelles devait suppléer 1 imagination plus ou moins alerte ou fertile des chanteurs, et cela s’ajoutait au produit de leurs propres fantaisies.
Plus intéressantes sont les modifications qui procèdent d un besoin de simplification, ou d’une libre initiative esthétique. Elles portent à la fois sur la musique et sur la poésie. Le peuple a altéré la rime, la coupe, l’agencement, le nombre de vers, introduisant aussi sa conception personnelle dans la ligne mélodique ou uien lu; f°; ant subir te’ es ^ansformations que