‹ Chants et chansons de la SavoieChapitre 95 sur 202 · Les Malheurs d’upc pille · texte numérisé non relu

Les Malheurs d’upc pille

2e Version mélodique.

Même mouvement , avec plus d'accentuation

Pourquoi vou- loir qu'une per-sonne chan-

Quand ell’ n’a

pas son cœur en li- ber-

heurs pieu- rer.

oh ! Et lais- sez- moi dans mes mal- Abondance : Chantée par Àf. J ■ Crétin.

Pourquoi (ou Gomment) vouloir qu’une personne chante Quand elle n’a pas son cœur en liberté?

Laissez chanter ceux que l'amour contente Èt laissez-moi dans mon malheur pleurer.

Pleurez, mes yeux, pleurez mon sort funeste,

J’ai tout perdu en perdant mon Iris,

Cruel destin, prenez ce qu’il me reste,

Ou rendez-moi ce que vous m’avez pris.

— « Prenez mon cœur et donnez-moi le vôtre Il est à vous je n’y prétends plus rien !

Mais si j’apprends que vous en aimez d’autres Tout aussitôt je reprendrai le mien. »

Tous les témoins de mon cruel martyre,.

Sont dans les bois, les oiseaux d’alentour,

Et les échos qui ne cessent de dire :

« Je plains ton sort malheureux par l’amour. »

— « Que faut-il donc, belle Iris, pour vous plaire ?

Faut-il mon sang? Il est prêt à couler.

Et si mon sang ne peut vous satisfaire,

Faut-il ma mort? Vous n’avez q'ua parler.

Après ma mort, vous pleurerez, je jure ;

Vous m’aimerez : il ne sera plus temps.

Vous marcherez dessus ma sépulture En regrettant le plus fidèle amant.

Chamonix : Paroles tirées d'un vieux manuscrit communiqué par M. J . Simond, notaire honoraire à Chamonix.

Cette chanson est très répandue dans la région des Alpes, et M. J. Tiersot qui en a recueilli plusieurs versions en Maurienne et en Briançonnais constate que le texte bien conservé présente très peu de différence entre les versions; nous avons fait la même remarque en Haute-Savoie. « Elle nous fournit, ajoute-t-il. une observation plus intéressante encore : seule de son espèce, on la trouvç à la fois dans la tradition populaire et dans l'œuvre de l’un des plus grands maîtres de l’art musical de la Renaissance. » (Roland de Lassus, i 555.) (Cf. Tiersot : Ch. pop. des Alpes, p. 290.) Ce fait semblerait nous expliquer pourquoi cette chanson ne revêt pas le ton et l’allure rustiques habituels.

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