Jardii? d’anjour
(Se chante sur l’air précédent : Comment vouloir...)
« Jardin d’amour, aimable et solitaire,
Vous qui voyez mon amant tous les jours, Racontez-lui les tourments que j’endure ;
Si je languis c’est d’avoir trop d’amour.
Petit ruisseau, et vous, claire fontaine,
O rossignol, qui chantez dans ce bois,
Arrêtez donc, faites un peu de silence :
C’est mon amant dont j’entends la voix.
Combien de fois n’ai-j’ pas fait sourde oreille,
A d’autr’s amants qui voulaient me chérir !
Allez, ingrat, c’était pour vous complaire ;
Et maintenant, me voilà délaissée. »
— Charmante Elise, tu m’aimes et moi je t’aime ; Nous somm’s ici bien loin de nos jaloux.
Nous n’avons pas de témoins que nous-mêmes ; Charmante Elise que n’en profitons-nous?
Si je te quitte, je te serai fidèle.
Je te le jure ici à tes genoux.
En te quittant, j’en souffre bien moi-même.
Je suis au rang des amants malheureux.
Habère-Lullin.