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CHANSONS FRANKES

(Air inconnu)

« L'armée est en marche... Les oiseaux chantent, les cigales crient, les lames de. glaive font entendre leur cliquetis. La lune errante luit sous les nuages... On va voir s'engager une action qui fera couler bien des larmes ! . . . — Alors commença le désordre du carnage. Les guerriers s'arrachaient des mains leurs boucliers creux ; les épéeslfendaient les os des crânes. La citadelle retentissait du bruit des coups ; le corbeau tournoyait noir et sombre comme la feuille du saule ; le fer étincelait comme si tout le château eût été en feu. Je n'ouïs jamais conter plus belle bataille. )>

Autre chanson de gestes :

(Air inconnu)

« Ils (Hildebrand et Hadebrand) firent voler leurs javelots à la pointe tranchante, et ces javelots s'arrêtèrent plantés dans leurs boucliers. Puis ils s'élancèrent l'un sur l'autre. Les haches de pierre résonnaient... ils frappaient lourdement sur leurs blancs boucliers... leurs armures craquaient... mais leurs corps demeuraient immobiles. »

Des temps Mérovingiens il ne nous reste qu'un

fragment de poème de gestes. Ce sont deux couplets

en bas latin) d'une chanson composée en l'honneur de

Clotaire II, à l'occasion de son retour d'une heureuse

expédition dirigée contre les Saxons révoltés.

Mais, voici venir le grand Karl, que nous appelons Charlemagne. Il fait colliger les chansons de gestes, c'est-à-dire les poèmes franco-teutons destinés à célébrer les exploits des gens de guerre. Ce recueil, qu'il transcrit de sa propre main, est malheureusement perdu. Il ne nous en reste qu'un fragment, mais un fragment précieux. C'est la Chanson de Roland, dont nous allons reproduire un passage. Il s'agit du duel, du paladin Roland avec le Sarrazin Grandogne :

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