LA CHANSON DE ROLAND
{Air inconnu)
Grandogne était et prudhomme et vaillant, Et vigoureux et brave combattant.
Sur son chemin il rencontra Roland.
Dès qu'il le vit, il en eut connaissance Au fier visage, à la]noble prestance, A son regard comme à sa contenance
Il ne put pas s'empêcher d'avoir peur.
Il voulait fuir, celui fut impossible... Roland frappait d'une main si terrible, Roland frappait avec tant de vigueur !
Et, en effet, le paladin, neveu de Charlemagne, donne de rudes coups d'épée. Il va correctement pourfendre son adversaire.
Jusqu'au nasal il fend le casque en fer, Traiiche le nez et les dents et la bouche, Le cox-ps entier, les mailles du haubert, L'or de la selle !... il tranche enfin la chair Même les reins du destrier farouche.
Homme et cheval sont occis de concert.
Quelle poigne !
De tels exploits faisaient la joie du vainqueur et le ilésespoir du vaincu.
Le Sarrazin gémissait tout dolent;
Le Frank disait : « Bien frappe, mon garant. »
La « Chanson de Roland », nous l'avons dit, devint le chant de guerre ordinaire des Franks et des Normands. On la chantait encore à Hastings, cette chanson merveilleusement entraînante. On la chanta, pour la dernière fois, à la bataille de Poitiers ; le fait des «lésastres amenés par Tinvasion anglaise la firent, peu à peu, se perdre dans l'oubli.
La science archéologique a découvert la réplique que lui avaient faite les gens des Pyrénées. Nous entendons parler du chant basque d'Altabiçar, ainsi appelé du nom d'une des montagnes de la vallée de Roncevaux. En voici quelques fragments :
LE CHANT D'ALTABIÇAR
{Air inconnu)
Un cri s'est élevé Du sein des montagnes des Escaldunac Et l'homme libre, debout devant sa porte, A ouvert l'oreille et a dit : « Qui va là ? Que me veut-on ? »
Au col d'Ibagnetta un bruit a retenti...
C'est le murmure sourd d'une armée qui vient!...
Ils viennent ! ils viennent! Quelle haie de lances!
Combien sont-ils? Enfant, compte-les bien.
Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit,
Neuf, dix. onze, douze, treize, quatorze,
Quinze, seize, dix-sept, dix-huit, dix-neuf, vingt. . .
Vingt... et des milliers d'autres encore î. . .
Et quand l'armée de Cliarlemagne a été exterminée jusqu'au dernier homme, le chanteur de la montagne s'écrie triomphalement :
Ils fuient ! ils fuient ! Où donc est la haie de 1
ances
Combien sont-ils ? Enfant, compte-les bien. Vingt, dix-neuf, dix-huit, dix-sept, seize, quinze, Quatorze, treize, douze, onze, dix, neuf, huit. Sept, six, cinq, quatre, trois, deux, un... Un!... il n'y en a même plus ixn!!...
Maintenant, nous sommes au ix^ siècle. Voici comment se célèbre la victoire de Louis III à Saucourt-cn- Vimeu :