LE CHANT DU GLAIVE
{Air inconnu)
Chant du glaive qui tue, ô chant du glaive bleu,
O chant du glaive bleu !
O combats où le glaive est notre roi sauvage, Combats du roi sauvage !
O glaive, ô mon grand roi, Qu'à ta lame l'arc-en-ciel brille !
Oh ! que l'arc-en-ciel brille, O glaive, ô mon grand roi !
O feu ! ô feu !
O acier ! ô acier !
O acier ! ô feu 1 O chêne ! ô flots ! ô terre ! O flots ! ô chêne ! ô terre !
Ces poèmes guerriers, que rapsodaient les bardes, étaient dits « bardits ». Nos pères gaulois en étaient fanatiques ; ils s'y inspiraient d'un rude esprit militaire ; ils s'y abreuvaient aux sources d'une énergie
sauvage, énergie dont les efforts furent malheureusement impuissants à les préserver de la domination des Romains.
A chacun son tour. La suprématie de ceux-ci ne devait pas être éternelle en Gaule. Les Gallo-Romains ne purent se défendre d'un profond saisissement le jour où ils virent Clovis envahir leur pays à la tête de trente mille Franks, — fruit de ses économies, a dit un mauvais plaisant. Le chant de guerre de ces barbares n'était pas moins terrifiant que le choc de leurs armes. Quand ils marchaient au combat, les lèvres collées à leurs boucliers et mugissant dans le cuivre leurs hymnes militaires, l'armée romaine effarée croyait entendre le cri des aigles et des vautours. Voici la restitution d'un de ces chants sauvages, — les paroles seulement, bien entendu. Quant à la musique, il faudrait la demander aux échos de Tolbiac ou de Soissons.