‹ Chants et chansonsChapitre 155 sur 202 · L'APPETIT · texte numérisé non relu

L'APPETIT

Air : Au^isitôt que la lumière' (maître Adam).

Lorsque j'ai le ventre à table, Je sens petit à petit L'influence délectable Des mets sur mon appétit.

Rien que leur arôme enivre Mon estomac diligent; Je veux ainsi toujours vivre...

L'appétit vient en mangeant.

Cha7its et Chansons

Si j'étais millionnaire, J'élèverais un autel Au sublime art culinaire, Dont le dieu serait Vatel.

J'inscrirais dans ma cuisine, Sur une plaque d'argent, Cette sentence divine :

L'appétit vient en mangeant.

Rose est très appétissante

Avec son blanc cotillon,

Sa tournure ravissante

Et son pied de Cendrillon.

Un doux regard sert d'emblème

A son front intelligent;

Plus on la voit, plus on l'aime :

L'appétit vient en mangeant.

Rose, un soir, tendre et gentille,

Ne voulant rien refuser,

Me permit^ en bonne fille,

De lui prendre un doux baiser;

Mon cœur redoublant de battre,

A son air encourageant,

Fit si bien, que j'en pris quatre :

L'appétit vient en mangeant.

Rose, hélas ! n'est plus la Rose Qui contentait un désir; Elle a du chic, elle pose En déesse du plaisir.

Elle trouve que pour elle En public il est urgent De briller autant qu'Adèle :

L'appétit vient en mangeant.

Par un savant maquillage, Elle répare des ans Cet irréparable outrage Si redouté des galants.

Elle embellit la nature Pour plaire au plus exigeant, Mais elle a chevaux, voiture...

L'appétit vient en mangeant.

Entre la femme et la table, J'ai partagé mes amours ; J'aime encor minois aimable, Bon dîner me plaît toujours; Mais n'ayant plus cette flamme Qui me rendait si changeant, Je sens que près d'une femme :

L'appétit part en mangeant.

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