A HENRI ET F. MATHILDE
La vie est un bien doux voyage Quand on le fait en amoureux ; Jeunes époux, c'est à votre âge Que les voyageurs sont heureux.
L'amour sur sa locomotive Vous emporte à toute vapeur.
Et vous irez, quoi qu'il arrive, Au charmant pays du bonheur.
Le ciel, les bois, les prés, les grèves, Tout, dans ce pays merveilleux.
Des réalités fait des rêves Qui tiennent des temps fabuleux ;
Aussi l'amour, par politesse, Devient l'interprète du cœur, Et conduit à toute vitesse Les fiancés vers le bonheur.
Aimer n'est point une chimère, Cœur printanier est cœur galant, Coupe d'amour n'est point amère Quand le nectar en est brûlant.
Buvez donc ce divin breuvage Que l'amour verse en votre honneur.
Et partez, enfants, bon voyage, Pour le cher pays du bonheur.
O jeunes gens, comme on vous aime!
Les vieux sont là pour vous bénir; Nous sommes en ce jour suprême.
Nous, le passé, vous, l'avenir.
Aimez-vous bien ; aimer, c'est vivre.
Respirez la jeunesse en fleur.
Dont le parfum si bien enivre Dans le doux pays du bonheur. .
En entrant dans ce nouveau monde.
Vous aimerez en liberté,
Et l'astre à chevelure blonde
Jettera sur vous sa clarté.
Dans ce beau royaume de Tendre
D'où vient le langage du cœur,
Il est facile de s'entendre.
Car on ne pense qu'au bonheur.
Moi, je connais un vieil usage Qu'on doit suivre, jeunes époux ; C'est, quand on revient de voyage, D'apporter aux siens des joujoux.
de Paul Avenel. 305
Rapportez-nous donc quelque chose, Pour nous charmant, pour vous flatteur, Par exemple : un gros bébé rose...
Qu'on trouve au pays du bonheur.
7 septembre 1885.