‹ Chants et chansonsChapitre 181 sur 202 · LE PAYS DES AMES · texte numérisé non relu

LE PAYS DES AMES

Ceux des nôtres qui tombent sur le champ do bataille de la vie se relèvent plus vivants dans le pays des <âmes, qu'il ne faut pas confondi'e avec le pays des ombres.

AllSÈNE noUSSAYE'.

Pot pourri.

Air des Box&us.

Tout être humain devra subir son sort Depuis hier, mes amis, je suis mort.

J'aimais à vivre et je vivais gaîment.

Mais je suis mort, hélas ! subitement ; Je vous invite à mon enterrement.

Air : Bonsoir la compagnie.

Je veux que vous soyez admis A mon convoi, mes chers amis,

Tous, sans cérémonie.

Demain, je veux être enterré Par vos bons soins, mais sans curé.

Bonsoir, la compagnie !...

Air : J'ai vu paiHout dam mes voyages.

N'étant plus qu'une âme impalpable, J'habite au royaume des cieux.

C'est un endroit fort confortable Oi!i les vins sont délicieux.

1. Discours prononcé à l'Académie des Spartiates (Dîner au cabaret du Lion d'or), février 1888.

344 Chants et Chanso?is

Je viens d'y voir de vieux confrères

Que la Mort a faits prisonniers,

Et nous avons choqué nos verres ) ^r,. . A ^ ' 1 u • c (Bis,)

A vos santés, chers chansonniers. \ ^

Air du Ménage de garçon.

La vie est souvent bien amère

Pour les Sages et pour les Fous ;

loi, la Mort est une mère

Dont la bonté s'étend sur tous. (Bis.)

On a dans les champs Elysées

Toujours la rime et la raison,

Et toujours de belles pensées /^z?- i

Pour faire honneur à la Chanson. \ '^

Air : T'en souviens-tu ?

J'ai vu Panard, notre joyeux ancêtre, Gallet, Vadé, L'Attaignant et Piron ; Debraux, Festeau, Béranger notre maître, Gille, Colmance, Armand GoufFé, Laujon ; Puis Désaugiers, Bérat, Lachambaudie, Moreau, Dupont dont vous aimez les noms ; Enfin Pottier, dont la plume hardie ) ^ n- A défendu le peuple en ses haillons. S

Air des Trois couleurs.

J'ai vu Chénier près de Rouget de l'Isle ;

Ces deux témoins d'un stoïque passé

S'entretenaient de l'époque virile

Où pour le Droit tant de sang fut versé.

Ces inspirés de la Muse aguerrie

Avaient pour moi, certe, un prestige à part ;

N'ont-ils pas fait pour sauver la Patrie :

'LTi Marseillaise et le Chant du départ'^. (Bis.)

de Paul Avenel. 345

Air : Amis, déiiouillons nos pommiers.

Je suis vraiment fort enchanté

D'avoir quitté la terre, Un souflle d'immortalité Ici me régénère ; Et, sachez-le bien, La route n'est rien.

Je l'ai faite très vite.

J'ai pris pour venir Un train de plaisir, Un train de mort subite.

Air : Contentoiis-uuns d'une simple bouteille.

Dans ce séjour l'esprit gaulois fourmille

Et le Bon Sens y fait autorité ;

Les chansonniers }'■ vivent en famille

Ayant pour dieux le Rire et la Gaîté.

On n'y voit pas la noire Hypocrisie

Qui ment au ciel sous un masque cafard,

La Vérité, belle comme Aspasie, \ i r>- \

S'y montre nue, au grand jour et sans fard. ) ''

Air du Ballet des Pierrots.

Enfin, dans ce Pays des Ames

Je fus ébloui, transporté;

On y chantait l'amour, les femmes,

La Patrie et la Liberté. (Bis.)

Là, le Riche et le Prolétaire

Savouraient un égal bonheur;

J'étais donc, en quittant la terre, \ ^ r>-, j

Parti, pour un monde meilleur. )

Air : iSnzon sortait de son village.

Et puis, plus de propriétaire,

Plus de mouchards, point de recors.

On ne vit jamais commissaire Arrêter une âme sans corps.

La Providence, Dans sa clémence, M'offre un abri charmant et sans loyer. La chose est claire :

Plus rien à faire ; Plus de portier, plus d'impôts à payer ; Plus de tricot, plus de flanelle...

Zut ! pour les rhumes de cerveau !

Je suis comme un poisson dans l'eau Dans la vie éternelle. (Bis.)

Air de MazanieUo.

Vous expliquez-vous que je chante

Devant vous ces couplets .'' J'ai tort,

Car c'est une raison probante

Que je ne suis pas encor mort.

Mais qu'importe ? Il faut que j'achève

Ce tableau d'un bonheur parfait ;

En supposant que c'est un rêve, { ^z?- 1

C'est un beau rêve que j'ai fait. (

Air : Ce magistrat irréprochable.

Le rêve peut être en ce monde.

Dans l'autre est la réalité Et sur rien notre esprit se fonde Pour en nier la vérité. (Bis.)

Ma parole doit vous suffire ; J'ai mes raisons pour tout savoir.

Si vous voulez me contredire.

Mes bons amis, allez-y voir !

Air de Madame Favart.

Pour entreprendre cette route, Il faut corbillard et convoi.

de Paul Aven cl. 347

Il vaut donc mieux garder son doute Que d'abandonner son chez-soi.

Où l'on est bien toujours on reste :

Cela prouve donc que l'on tient A ce beau royaume céleste.

Puisque personne n'en revient. (Bis.)

Ah' : Bacons sec!

En attendant le grand voyage, Chantons le vin, chantons l'amour, Chantons la santé qui présage Longue vie à tous, en ce jour. (Bis.)

Refrain.

Mes amis, sans plus de façons Buvons, trinquons à nos chansons ; Les glouglous, les joyeux flonflons ) / t)- \ Sont toujours de gais compagnons ! j Buvons, Buvons !

Tin, tin, tin, tin.

Tique, tique, tique, tin, Vive le bon vin !

Tin, tin, tin, tin, tin, tin, tin, tin. Tique, tique, tique, tin.

Vive le bon vin ! (Bis.)

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